Dans un monde de plateformes, les API sont reines

Les API permettent aux programmes informatiques d’interagir entre eux. Indispensables et omniprésentes, elles sont le moteur d’une nouvelle économie.

Aucun homme n’est une île. Ce célèbre vers du poète anglais John Donne de 1624 résonne particulièrement en ce début de 21ème siècle. A l’époque de la 5G et de l’hyper-connexion, l’Homme ressemble plus à une carte du métro parisien, avec ses nœuds et ses lacets, qu’à une terre isolée au milieu d’un océan. On vise même à supprimer les derniers bastions insulaires, les fameuses zones blanches, pour sauver les naufragés du numérique et les embarquer avec nous sur le paquebot de l’internet. La France ne veut pas de Robinsons dans l’accès au digital.

Pourquoi parler de littérature britannique du XVIIème dans un billet sur les API ? Parce que la vision de John Donne s’adapte étonnamment bien à la situation actuelle du numérique (et qu’un peu de poésie n’a jamais tué personne). Aucun logiciel n’est une île. Ou plutôt, aucun logiciel ne devrait être une île.

No man is an island

Les API, définition et mise en oeuvre

Pour bien comprendre les API, intéressons-nous en premier lieu à ce qu’Accenture qualifiait en 2016 de « révolution industrielle silencieuse » : l’économie de plateforme.

Raisonner en plateforme c’est passer de la fourniture d’opportunités de consommation à la fourniture d’opportunités de création de valeur. Les interfaces de programmation applicatives (API donc) sont les piliers de cette nouvelle économie. Elles représentent une façon pour un logiciel de se brancher à un autre pour bénéficier de ses fonctionnalités et de ses données. Les API connectent des systèmes, des services et des technologies disparates. Ce sont elles qui rendent possible l’infrastructure virtuelle du cloud.

Les organisations peuvent ainsi intégrer les capacités logicielles d’autres plateformes dans leurs propres applications ou sites web. Cela permet de proposer des fonctionnalités supplémentaires qu’elles ne pourraient pas normalement fournir à leurs clients. On pense par exemple au « Click to Call » (appel téléphonique) d’Avencall que l’on peut ajouter à sa messagerie, carnets d’adresses et agendas BlueMind.

click to call Bluemind Avencall

Pour les mettre en œuvre, les organisations doivent d’abord comprendre où les appliquer au mieux. L’analyse du parcours client est souvent le meilleur moyen d’identifier les opportunités d’API. Il permet d’identifier les points de friction et les endroits où l’on peut créer ou récupérer de la valeur. Par exemple, quand vous commandez une voiture sur Uber, la connexion avec votre banque qui permet de régler la course directement depuis votre téléphone, s’effectue via une API. Dans le parcours client de ce type de service, il est important de pouvoir régler une somme fixe (pas de surprise de la part du chauffeur) simplement (sans avoir à utiliser une carte bleue ou un autre outil que l’application Uber). En enlevant cette friction du parcours client, Uber assure un taux de transformation plus important.

Les données sont l’un des actifs les plus précieux d’une entreprise. En tant que clés de manipulation et exploitation de ces données, les API elles-mêmes deviennent extrêmement précieuses. Pour le MagIT « ces interfaces de programmation permettent d’ouvrir des SI préhistoriques à l’innovation et de relancer des secteurs de plus en plus sous pression, » comme les compagnies aériennes ou les banques par exemple.

BlueMind et les API

La messagerie de BlueMind fait partie des solutions conçues dès le départ sur le principe des API, permettant à notre écosystème de co-construire le produit au travers d’une marketplace.

BlueMind Marketplace

Toutes les opérations de BlueMind passent par des APIs webservices, qui sont donc l’unique point d’entrée aux données de la solution. Ce choix technique garantit la cohérence et la complétude de toutes les opérations effectuées via le composant BM-Core. Il permet surtout une intégration simple avec tous types de composants et logiciels tiers et apporte ainsi une interconnexion facilitée au système d’informations.

En plus d’interagir via les webservices, BlueMind a conçu un système de plugins permettant de modifier ou d’étendre les fonctionnalités. Grâce à cette technologie, il est maintenant possible d’adapter ou d’enrichir la solution mail, facilement, sans la modifier. Par exemple BlueMind permet de définir ou modifier par plugin les règles de la création de mot de passe afin de laisser la liberté aux administrateur d’établir leurs propres normes de sécurité. Pour définir un format standard de mot de passe (majuscule, caractères spéciaux etc.) vous pouvez utiliser un add-on de la marketplace.

De plus, via des points d’extension maintenus entre les versions, les plugins BlueMind restent compatibles avec les versions à venir de la solution : les modifications faites par vous-même ou votre intégrateur restent utilisables même après des mises à jour mineures ou majeures.

Les plugins vous permettent aussi de modifier dynamiquement les interfaces utilisateur et administrateur. En combinant API web-services et plugins, BlueMind vous facilite le développement de fonctionnalités additionnelles comme la gestion des signatures d’entreprise, l’intégration de logiciels tiers (nextcloud) etc.

Côté technique, notre API est constituée de web services REST, soit accessibles directement via des appels HTTP REST, soit via l’utilisation des clients fournis (aujourd’hui pour Java, Javascript, C#, Python et PHP). Le repository bluemind-samples est disponible et rassemble tout ce qui est nécessaire pour contribuer à BlueMind en développant un Add-On. Un archetype maven est également disponible pour faciliter la définition d’un nouveau projet.

Bluemind système API

Que peut-on imaginer avec des API dans la messagerie ? A peu près tout ! Reliez votre messagerie à votre logiciel de congés par exemple afin que les congés validés soient automatiquement renseignés dans les agendas des personnes ou faites correspondre vos contacts BlueMind a votre annuaire RH en temps réel.

A ce jour, plusieurs partenaires technologiques ont publié leurs travaux:  Avencall pour la communication unifiée, VadeRetro pour une intégration à ses outils de sécurité, ou encore Numvision, Teclib ou Nextcloud sur des intégrations du partage de fichier volumineux.

Et si on ne veut pas ? L’iceberg qui a coulé Google+

Google+ fermera définitivement ses portes le 2 avril 2019 pour aller rejoindre le cimetière des services Google qui n’ont pas su convaincre. La tentative de réseau social de Google est née en 2011, 8 ans après Linkedin, 7 ans après Facebook, 5 ans après Twitter, soit avec des siècles de retard dans le monde accéléré du digital. Mais ce n’est pas ce démarrage tardif qui est en cause dans l’échec du produit. Après tout, les très populaires Snapchat et Instagram ont été lancés à la même période. Alors qu’est ce qui a coulé G+ et quel est le rapport avec les « Interface de Programmation applicative », les fameuses API ?

C’est un ancien salarié de Google qui nous donne la réponse. Steve Yegge a travaillé 12 ans chez le G de GAFA en tant que « Senior Staff Software Engineer » après avoir passé 6 ans chez Amazon. Il est devenu célèbre dans le microcosme des ingénieurs logiciels pour avoir diffusé par erreur un « blog rant » – une diatribe par blog (beaucoup moins sexy traduit en français) – très critique envers à la fois Google et Jeff Bezos, l’emblématique patron d’Amazon.

Steve Yegge
Steve Yegge (from https://medium.com/@steve.yegge)

Steve expliquait dans cet article que, bien que Bezos soit un « infâme micro-manager » obsédé par le contrôle, il a réalisé avant tout le monde l’importance des plateformes. Dès 2002 il aurait ordonné à ses troupes de ne concevoir que des interfaces qui puissent être externalisables, réutilisables par des développeurs en dehors d’Amazon. Avec l’effritement des marges de son core business (la librairie en ligne), il devait trouver une autre source possible de revenus. Tout ce que Bezos avait entre les mains pour envisager un changement de business model, c’était un grand nombre d’ingénieurs et d’ordinateurs. Il lui fallait pouvoir monétiser cette compétence.

En quelques années sous l’effet Bezos, Amazon a changé totalement de culture, depuis la librairie en ligne vers une entreprise de service web : l’incontournable AWS. En 2018 le Cloud Amazon pesait 17,46 milliards de dollar, soit 10% du chiffre d’affaires du Groupe.

Si Bezos a su pivoter dès 2002, Google n’a pas du tout compris ce qu’était une plateforme. Ses dirigeants de 2011, Larry Page, Sergueï Brin et Eric Schmidt cherchaient à créer le produit parfait qui convienne à tout le monde. Pour cela ils ont déployé une philosophie de la simplicité extrême. Chrome par exemple est un produit à « configuration zéro », on ne peut même pas changer la taille des polices de caractère. Tant pis pour les malvoyants, Chrome est obstinément le même pour tout le monde.

Ce manque d’accessibilité est l’iceberg qui a fait couler le Titanic Google+. Ce réseau social était une réaction spontanée court termiste, basée sur l’idée erronée que Facebook a du succès parce que son produit est excellent. C’est faux.  Facebook a du succès parce qu’il a construit toute une constellation de produits en permettant à d’autres personnes de faire le travail. Facebook est donc différent pour tout le monde. Certaines personnes passent tout leur temps sur un jeu, d’autres pour organiser des événements, d’autres sur messenger… Il y a des centaines, voire des milliers de façons de perdre du temps sur Facebook, chacun y trouve son compte.

Google+ s’est contenté de proposer un produit « one size fits all » qui ne proposait aucune API à son lancement. Le raisonnement plateforme est un raisonnement long terme qui implique de concevoir dès le départ une architecture permettant à n’importe qui de construire par-dessus et une philosophie qui valorise l’émergence et le développement d’un écosystème. En 2011 cela ne faisait pas partie de la culture de Google.

La mort de G+

Pour conclure

Les API permettent à l’économie numérique hyper-connectée d’exister, rien que ça. Elles sont devenues des canaux indispensables à la valorisation de la data. Si aucun logiciel n’est une île les API sont tout ce qui permet de les relier entre eux.

Attention cependant à un point crucial : la sécurité des données. Qui peut y avoir accès ? Comment sont-elles utilisées ? Malgré le RGPD qui exige un consentement éclairé il n’est pas toujours simple de comprendre les implications du partage avant d’approuver. Cocher « J’accepte » en bas d’une liste de conditions ne permet pas de justifier de la compréhension de l’usage exact qui sera fait de vos données.

Saviez-vous par exemple que confier des données à un acteur américain, même si elles sont hébergées en Europe, autorise les autorités US à les consulter ? Dans un monde d’API, il est essentiel d’éduquer et de responsabiliser les consommateurs.

BM 4.0 beta + Outlook : pas à pas

Faire des annonces, c’est bien; montrer un logiciel qui fonctionne, c’est mieux. BlueMind 4.0 est encore en préparation, mais nous publions une version beta pour que vous puissiez tester le support natif d’Outlook, en user et en abuser. Elle est à vous !

Quelques restrictions tout d’abord. BlueMind 4.0-beta :

  • n’est disponible que pour de nouvelles installations
  • ne doit pas être utilisée en production : les mises à jour ne seront pas disponibles
  • nécessite une souscription d’évaluation pour le support d’Outlook

Quelques précisions sur ce dernier point : la grosse nouveauté de BlueMind 4.0, à savoir le support natif du client Outlook (auquel est dédié cet article), est fourni par la souscription. Si vous n’en avez pas besoin, vous pouvez évaluer BlueMind 4.0-beta sans souscription  et vous n’avez pas besoin non plus du présent article ;-).

Avertissement

Nous apportons un soin tout particulier pour faciliter les opérations d’administration de BlueMind. Cependant, les opérations décrites dans cette article nécessitent un minimum de connaissances techniques : gestion des certificats et configuration du réseau.

Nous vous conseillons par ailleurs de travailler sur des machines virtuelles en utilisant des snapshots, ce qui peut vous permettre de revenir en arrière si vous rencontrez une erreur.

Installation

Nos installeurs sont disponibles sur BlueMind Download. Attention à bien choisir la dernière version 4.0. Les instructions d’installation sont inchangées par rapport à nos releases précédentes.

Il faut seulement ajouter aux pré-requis une seconde machine disposant d’un Windows 10 à jour, sur lequel est installé Outlook. Attention : un Outlook 2013 ou plus récent est nécessaire ! Vous devez avoir les droits d’administration sur le système, et les systèmes (serveur BlueMind, client Windows/outlook) doivent être sur le même réseau local (par exemple deux machines virtuelles d’un même provider).

Notez bien l’url externe que vous utilisez pendant l’installation : vous en aurez besoin pour configurer l’accès depuis Windows. J’utilise bluevm.test.loc dans ce pas-à-pas. Notez également l’adresse IP sur serveur, dans mon cas 192.168.33.10.

Les paquets bm-mapi

L’installation du paquet bm-mapi doit être effectuée au préalable à la création des utilisateurs qui utiliseront Outlook. Le paquet bm-plugin-core-mapi-support active les notifications push depuis le service bm-core, il est préférable de l’installer également.

Contactez-nous pour obtenir une souscription d’évaluation, qui vous donnera accès aux ressources commerciales de BlueMind, dont ce fameux paquet.

Déployez votre souscription sur le serveur, puis installez le paquet bm-mapi avec aptitude ou yum selon votre distribution. C’est ce paquet qui ajoute le support natif d’Outlook à BlueMind.

L’utilisateur de test

Vous pouvez désormais vous authentifier en tant qu’administrateur pour créer votre premier utilisateur. Prenez garde à bien lui configurer un email !

Configuration de Windows

Certificat racine

Si vous avez mis en place un certificat authentique (par exemple LetsEncypt), vous pouvez passer ce paragraphe.

BlueMind utilise HTTPS, et des certificats auto-signés ont été générés lors de l’installation (qui sont bien sûr remplacés en production par des certificats issus d’une autorité de certification, mais ce n’est pas le cas ici).

Le certificat racine est disponible sur le serveur :

/var/lib/bm-ca/cacert.pem

Vous devez copier ce fichier sur la machine Windows et l’importer dans  le magasin « Autorités de certification racines de confiance ». Pour ce faire :

  • le renommer en cacert.cer (Windows 10 ne reconnaît pas l’extension pem par défaut)
  • double-cliquer sur le fichier, « Installer un certificat », « ordinateur local », « Placer tous les certificats dans le magasin suivant », sélectionner « Autorités de certification racines de confiance », confirmer.

Fichiers hosts

Si le système Windows a directement accès à l’url externe avec laquelle vous avez configuré BlueMind, vous pouvez passer cette section.

Nous devons maintenant éditer le fichier C:\Windows\System32\drivers\etc\hosts afin d’ajouter des points d’entrée qui nous éviteront d’avoir à configurer un DNS.

La ligne suivante doit être ajoutée :

192.168.33.10	bluevm.test.loc autodiscover.test.loc

Attention à bien remplacer l’IP, l’url externe et l’url de l’autodiscover ! Cette dernière est déterminée en remplaçant le premier membre de votre url externe par autodiscover.

L’heure de vérité

Si tout s’est bien passé jusqu’ici, vous pouvez maintenant démarrer votre Outlook :

  • créez un nouveau profil Outlook pour l’évaluation
  • renseignez l’email de l’utilisateur que vous avez créé plus haut
  • sélectionnez « Exchange » comme type de compte
  • insérez le mot de passe de l’utilisateur en cochant « Mémoriser mes informations d’identification »

Après quelques instants, Outlook vous signale que le compte a été ajouté. Cliquez sur « Terminer ».

Vous y voilà ! Votre Outlook communique désormais en mode natif avec BlueMind ! À vos tests !

Finalisation (pour les perfectionnistes)

Pour être tout à fait honnête, il reste encore un réglage afin que votre Outlook fonctionne de façon optimale sur le long terme (mais ce n’est vraisemblablement pas le cas de votre installation d’évaluation) : dans les paramètres de votre compte Outlook, la synchronisation doit être positionnée à « Tout » (durée maximale).

Le Libre et le Gratuit : Mythes & Légendes

(et réalité)

Le mot « free » est polysémique, il signifie aussi bien gratuit que libre. Pour autant la signification exacte de « Free Software » est « libre » : Logiciel Libre. Malgré tout, dans l’imaginaire collectif un logiciel libre est un logiciel gratuit. 

Vrai ou Faux ?

Il était une fois… 

Libre, gratuit, open source, ouvert, free… chacun de ces mots peut être utilisé pour désigner un logiciel dont le code est rendu public, accessible, utilisable, modifiable et redistribuable. Cependant plusieurs opinions s’opposent sur l’usage qui peut en être fait.

Evidemment, il existe des licences, plus d’une centaine en tout, qui régissent ce qu’il est possible ou non de faire avec un code accessible. Mais au-delà de ces règles établies, ce sont des philosophies qui s’affrontent. 

Commençons par un peu d’histoire du vocabulaire.

Le terme « Free Software » est le plus ancien et se reflète dans le nom de la Free Software Foundation (FSF), une organisation fondée en 1985 par Richard Stallman pour protéger et promouvoir le logiciel libre. Le terme « open source » lui, a été créé par Christine Peterson et adopté en 1998 par les fondateurs de l’Open Source Initiative.

Dans les années 1990, le terme « ouvert » appliqué au code source d’un logiciel était parfois utilisé pour laisser entendre que le code source était simplement inspectable, visible ou disponible.

Le terme « open source », tel qu’il est défini dans la définition de l’Open Source de l’OSI, indique clairement que l’open source n’implique pas seulement un simple accès pour inspection, mais aussi le droit perpétuel de forker (c’est-à-dire créer un nouveau logiciel par bifurcation d’un logiciel existant) le code et de l’utiliser sans frais supplémentaires.

Pour la FSF, les utilisateurs d’un logiciel libre ont la liberté d’exécuter, copier, distribuer, étudier, modifier et améliorer ces logiciels. Ainsi, « logiciel libre » fait référence à la liberté, pas au prix. Là où l’OSI voit des critères pragmatiques de transparence, de collaboration, d’innovation etc., la FSF émet un jugement de valeur : le libre est le bien et le propriétaire représente le mal.

La FSF et l’OSI utilisent des définitions différentes, qui aboutissent au même résultat dans la pratique. La FSF est cependant beaucoup plus dogmatique et politique que l’OSI et milite au travers de sa figure de proue, Richard Stallman.

Les termes « Open Source » et « Logiciel libre » sont interchangeables, sauf lorsqu’ils sont utilisés spécifiquement pour discuter de l’histoire ou des connotations de la différence terminologique elle-même. 

Les lasagnes de Mère-Grand

Une fois qu’on a dit ça la question reste en suspens : un logiciel libre est-il gratuit ? Reprenons une célèbre phrase de Richard Stallman: « This is a matter of freedom, not price, so think of “free speech,” not “free beer.” En français la nuance est plus évidente car les mots sont différents : « C’est une question de liberté, pas de prix, alors pensez à la liberté d’expression pas à la bière gratuite ».

Les développeurs sont comme vous et moi. Même animés des meilleures intentions, il faut bien qu’ils mangent et malheureusement le bénévolat ne remplit pas le frigo. L’Open Source ou le Logiciel libre – selon comment vous préférez l’appeler – ne peut être pérenne s’il ne dégage pas de bénéfices. Et quand on ne vend pas le produit, c’est que l’on vend un service ou que l’investissement dans le produit sert une autre cause (comme maintenir une alternative, par exemple : mozilla, pour éviter sa propre hégémonie ou celle d’un concurrent)

Pensez aux lasagnes. La recette est à la disposition de tous depuis des années. N’importe qui est en mesure de les réaliser. La recette a même été « forkée », on en a décliné de nouvelles versions : végétariennes, végane, au poisson… Pour autant, quand vous allez au restaurant italien de votre ville, vous êtes prêts à payer pour en manger y compris les plus standards comme les bolognaises. 

Même chose avec l’Open Source. Le code – la recette – est disponible, mais ça ne vous transforme pas en cuisinier pour autant, et encore moins en restaurateur. Le service, le support, les mises à jour, la compétence technique, la salle du restaurant, le service, la vaisselle et le cuisinier – doivent être fournis, et donc rémunérés.

Les éditeurs Open Source ont donc un rôle majeur à jouer dans la « consommation » de logiciels par les utilisateurs ou clients. 

« Les clients cherchent une solution à leur problème ou besoin, pas un code source » expliquait Pierre Baudracco à l’occasion du Paris Open Source Summit 2018. « Prenez le code de BlueMind, il est disponible. En revanche les compétences pour le déployer, le maintenir, le mettre à jour en toute tranquillité et efficacité, tout en minimisant les risques de problèmes, de perte, d’indisponibilité, en garantissant les outils et l’écosystème qui l’alimente, ainsi que le réseau de partenaires certifiés pour l’implémenter, tout ça, c’est nous qui le fournissons. » 

Formules magiques

Les logiciels les plus courants sur le poste utilisateur sont à ce jour majoritairement détenus par quelques grands acteurs internationaux, essentiellement américains. Acteurs que l’on retrouve également derrière les principales plateformes cloud, sous la désignation de GAFAM. Cette concentration est malsaine : ils prennent les entreprises en étaux en les rendant dépendantes de solutions et services toujours plus chers et aux conditions non négociables.

Sans oublier que ces géants sont très doués pour les tours de passe passe avec les impôts. Nous vous invitons à (ré)écouter notre ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire sur le sujet.

L’hégémonie de ces quelques acteurs leur permet de bénéficier d’une puissance inégalable. Même les états ne parviennent pas à les dompter en matière d’imposition. On parle d’une « Taxe GAFA » sans savoir comment la mettre en œuvre alors que pendant ce temps là Google déplace légalement des milliards dans des paradis fiscaux et Amazon promène son chiffre d’affaires entre le Luxembourg et le Delaware (pour ne citer qu’eux).

Dans un rapport intitulé « L’Open source – ou Logiciel libre – alternative aux grands fournisseurs », les DSI ont poussé un violent coup de gueule contre cette hégémonie, menaçant de se tourner vers le logiciel libre. En effet, le libre peut être une réponse réaliste, plus éthique, plus transparente et qui présente moins de risques de concentration (contrairement à l’idée de créer nos propres GAFAM européens.)

Un code accessible est synonyme de transparence, de pérennité (si son éditeur ne joue pas le jeu, un fork ou alternative peut apparaître comme par ce fut le cas pour mysql avec MariaDB) et « d’auditabilité », un mot barbare pour dire que l’on est en mesure de l’examiner, tout comme il est possible de lire la recette et la liste des ingrédients d’un plat de lasagnes. Ceci est très important, même essentiel, dans un monde où toute donnée personnelle est monétisable.

Encore récemment on apprenait que Facebook a laissé Netflix et Spotify accéder à tous nos messages privés, à la suite de nombreux autres scandales liés à des comportements non conformes des applications. 

Des Sorciers et des Hommes

Les logiciels libres sont déjà partout… dans les couches infrastructures. Celles que les utilisateurs finaux ne voient jamais : couches réseaux et sécurité, serveurs d’application, serveur web, virtualisation etc. 

Alors pourquoi sont-ils encore si minoritaires sur les postes clients des utilisateurs / consommateurs ? Deux raisons majeures :

  1. Parce que l’Open Source est d’abord pensé par des techniciens, pour des techniciens. 
  2. Parce que le marché du front-end a été verrouillé très tôt par les grands éditeurs.

Le premier point est simple à comprendre : il y a un monde entre les exigences des utilisateurs et celles des techniciens. Un développeur est satisfait quand une fonctionnalité de l’outil marche comme elle devrait, l’utilisateur lui, est prêt à tout jeter par la fenêtre si une seule fonctionnalité ne correspond pas à ce qu’il attend ou plus simplement qu’il ne parvient pas à l’utiliser.

Le second point quant à lui, est plus subtil : des armées d’UX designers chez les géants du logiciel ont façonné l’expérience de l’utilisateur jusqu’à la verrouiller totalement. En clair, ils nous ont fait développer des habitudes si bien ancrées aujourd’hui que l’on est devenus réticents à tout changement.

Pensez à la difficulté de passer de Windows à Mac et inversement, ou de iOs à Android. Imaginez maintenant abandonner la suite Office de Microsoft pour Libre Office ! Les boutons ne sont pas au même endroit : « mais comment on filtre cette p#%$£& de colonne ?!? » (histoire vraie). Il y a bien sûr aussi le problème de compatibilité des formats ; entre le propriétaire et le libre l’expérience du logiciel est dégradée quand le format utilisé est propriétaire ou opaque.

Et pourtant. Grâce aux éditeurs open source qui ont bien compris que les clients attendent une solution et non un kit de construction, le libre entame la remontée des couches basses vers l’utilisateur final.

« C’est précisément le problème que nous avons attaqué avec BlueMind v4.0, » explique Pierre Baudracco, Président de BlueMind. « La messagerie est l’outil le plus utilisé en entreprise, mais aussi certainement le plus critique. Sitôt qu’elle tombe en panne, c’est la panique totale. La grande majorité des utilisateurs a été biberonné à Outlook, la messagerie de Microsoft. »

«  Les DSI veulent éviter la révolte dans l’organisation et préfèrent la prudence en permettant aux utilisateurs de préserver les habitudes Outlook. Jusqu’ici l’Open Source imposait un changement d’interface. Nous avons choisi d’aborder le problème dans l’autre sens, en mettant le besoin utilisateur au centre. Certains veulent leur Outlook sans aucune différence, OK, permettons-le. Par contre, nous allons changer tout ce qui se cache derrière et ainsi offrir le choix pour l’interface utilisateur, dont celui de garder Outlook. »

Puisqu’une image vaut mille mots, nous avons concocté une petite vidéo : 

Ils vécurent heureux…

Si vous êtes arrivés jusqu’à ce paragraphe, vous savez désormais qu’un logiciel libre n’est pas nécessairement un logiciel gratuit et que vous en bénéficiez probablement déjà sans le savoir. 

Ce qu’il faut retenir, c’est qu’il existe aujourd’hui des alternatives crédibles et éprouvées sur le marché du libre qui permettent de s’émanciper de la mainmise des grands éditeurs (notamment US). Il ne s’agit pas d’une opposition dogmatique ou philosophique, mais bien d’un choix sociétal.

Choisir une solution Open Source Française ou Européenne, revient à favoriser l’innovation et l’emploi, préserver son indépendance et contribuer à la souveraineté numérique de nos états. 

Cet article, comme tous les autres, est ouvert à la discussion. N’hésitez pas à nous faire connaître votre avis sur LinkedinTwitterFacebook ou sur notre site internet.

BlueMind v4.0 : l’affaire de l’Orange Bleue

La nouvelle version de la messagerie BlueMind a été annoncée à l’occasion du Paris Open Source Summit 2018, sur un stand où l’on pressait des oranges. Toute la campagne est articulée autour d’une orange bleue, mais… Pourquoi ? 
Pour comprendre l’Orange Bleue, il faut d’abord comprendre la mission de BlueMind v4.0 et pourquoi elle aura mis si longtemps (5 ans) à sortir.

BlueMind v4.0

Faire sauter les verrous de la messagerie

A l’heure où le numérique s’immisce dans tous les secteurs, où les GAFAM sont devenus hégémoniques et où les Etats-Unis ont pour devise assumée «America First», notre dépendance aux solutions US pose une crise de confiance et de vraies questions sur la stratégie et la souveraineté numérique de nos nations et de l’Europe.

Le secteur de la messagerie fait partie de ces bastions dominés par les acteurs américains.

« Pour la messagerie, le vrai verrou, c’est le client Outlook »

Pierre Baudracco, Président de BlueMind et Président du programme du Paris Open Source Summit

Outlook est le client de messagerie de la majorité des organisations et la partie visible des utilisateurs. L’email est l’outil le plus utilisé dans le monde professionnel, c’est un point critique pour les organisations et les salariés, qui ont des habitudes très ancrées. On peut dire qu’ils sont captifs.

Les dirigeants et DSI voudraient plus de patriotisme économique, mieux sécuriser et maîtriser leurs données de messagerie et pouvoir faire des économies.  Pourtant la crainte de supprimer Outlook aux utilisateurs est très souvent le facteur qui l’emporte et impose le choix… En synthèse : la souveraineté ne résiste pas face à la satisfaction des utilisateurs!

BlueMind v4.0 a été conçu pour répondre à ce constat. Nous voulons permettre aux clients de conserver Outlook, sans aucun changement pour l’utilisateur, tout en passant à l’Open Source Français.

Nous n’encourageons pas l’utilisation d’Outlook qui, comme nous le savons tous, n’est pas une solution libre. Mais nous impulsons la transition vers un numérique plus éthique, plus ouvert et plus sain. Nous sommes convaincus que cela passe par une conception des produits qui va dans le sens de la satisfaction des utilisateurs. 

L’Open Source remonte dans la chaîne de valeur

BlueMind aura mis 5 ans pour réussir à développer, en exclusivité, cette alternative à Exchange 100 % opérationnelle avec Outlook sans module complémentaire. 

La nouvelle version 4.0 de BlueMind apporte une solution définitive au quasi-monopole du marché de la messagerie d’entreprise. En permettant aux organisations de conserver le client Outlook de façon transparente pour l’utilisateur, mais aussi d’utiliser de façon riche et collaborative les autres clients comme Thunderbird, le web ou les mobiles, nous offrons une alternative européenne ouverte et moins chère pour la messagerie.

Le Paris Open Source Summit 2018 a justement créé cette année un nouveau track « solutions utilisateur et solutions métier » pour évoquer ces logiciels libres directement destinés aux utilisateurs. L’Open Source n’est plus cantonné aux couches infrastructures. BlueMind v4.0 est un pas de plus vers le poste client Open-Source. 

Très bien, mais pourquoi une Orange Bleue à la fin !

Avec son nouveau slogan « la souveraineté enfin compatible avec les habitudes de messagerie » BlueMind annonce la véritable révolution.

Vous pouvez préserver les habitudes des utilisateurs tout en ayant la maîtrise de vos données et en privilégiant une solution française plutôt qu’américaine. Plus d’excuse maintenant, l’alternative existe : nous avons le choix (#NousAvonsLeChoix)

L’Orange Bleue est là pour interpeller. Ce qu’il faut comprendre, c’est que vous pouvez injecter du BlueMind dans votre système, il n’y aura pas de différence. L’orange, une fois coupée, reste une orange. 

Leslie Saladin, Responsable Marketing et Communication

L’orange bleue est donc une allégorie du choix qui est aujourd’hui présenté aux entreprises. L’alternative Open Source est là. Elle fonctionne. Elle préserve les usages de vos utilisateurs. Ils n’y verront que du feu… ou que des oranges !

Assistez à la réunion du lundi avec Berthier, le DSI, pour tout comprendre :

La petite histoire … d’un contributeur

Aujourd’hui nous vous proposons un article un peu différent de d’habitude. Nous allons vous raconter une histoire vraie, celle d’un contributeur BlueMind. Place à Pascal Salaun, créateur de BM-Monitor.

Laissez-moi vous conter une belle histoire, celle d’un contributeur, libre, à la solution Bluemind.

Tout commença, il y a fort, fort longtemps, quand un Chef de Projet Messagerie demanda des statistiques pour sa solution libre. Mais malheureusement, le Logiciel Libre ne fournissait que peu de solutions.

Il demanda alors à un de ses collaborateurs s’il ne pouvait lui développer une application. La petite main s’exécuta et lui fournit une solution : OSP (NDLA : pour des raisons liées à la propriété industrielle, je ne peux révéler la signification de cet acronyme). Cette application satisfit tout le petit monde des gestionnaires de messagerie, et n’évolua que très peu.

Quand un beau jour, un ingénieux Avant-Vente, se dit : tiens, si je contactais cette petite main pour intégrer ce module à notre belle solution, BlueMind?

Las, le portage n’avait pas encore été fait! Mais qu’à cela ne tienne, en quelques semaines, le manque fut comblé : bmStats était né. Ce projet vivait, revivait au fil des nouvelles versions de BlueMind (2.x, 3.0, 3.5, 4). Il avait même un petit frère, bmTraces, puis encore un autre, bmSearch. Et tout ce petit monde se retrouva sur le MarketPlace.

Mais voilà, après de longues heures à débugger du PHP, du PERL, le contributeur décida qu’il fallait revoir ces outils. Le nouveau programme devait fournir le meilleur de ses aînés.

Ainsi naquit « bm-monitor ».

L’annonce de cette future naissance fut faite à la communauté. Elle fut même présentée alors qu’encore enfant, sachant tout juste marcher. Et la voilà, maintenant adolescente, prête à conquérir le monde (enfin pas trop, c’est bibi qui fait le support sur son temps libre)

Fin de cette petite histoire 😉

Réellement, qu’est-ce que « bm-monitor » ?

Comme précédemment écrit, il s’agit d’une solution offrant le meilleur de ce que j’ai pu (modestement) développer.

Il offre :

  • une installation modulaire, là, où avant, tout se faisait sur le serveur Bluemind (avec la problématique des dépendances)
  • un language unique, le Python, choix fait en 2017, suite au POSS,
  • la gestion de ses propres dépôts DEBIAN (test, UAT, Prod), et donc une maîtrise des dépendances
  • un stockage des données extensible sur ELASTICSEARCH
  • la possibilité d’étendre avec Logstash et Kibana
  • de la recherche dans les traces des messages (issue des bmTraces & bmSearch)
  • des statistiques (graphes, tableaux) pour un domaine ou un compte (mailbox)
  • les fonctions « serveur secours », « gestion Sympa », « ajout de compte », « modification de comptes »
  • quelques scripts de synchro entre 2 serveurs BM 3.5 ou plus

Si vous ne voulez pas de « bm-monitor », mais uniquement de la fonction « log », alors n’installez que « bmSearch », et faite vous-même vos propres requêtes et graphes via l’outil de votre choix.

« bmSearch » est la brique indépendante qui analyse le fichier « mail.log », et traduit toutes ces lignes en documents ELASTICSEARCH.

Pourquoi être contributeur?

Et bien je suis fonctionnaire d’Etat, j’ai donc un emploi stable, avec un salaire correct, mais sans plus. Comme tout le monde, j’aimerais gagner plus, mais mon statut ne me donne que peu de latitude. Après, je n’ai pas vocation à être l’homme le plus riche du cimetière.

Et garder du code, du script qui plus est, caché de tous, surtout quand il se veut le plus « universel » possible, n’a pas de sens. Enfin, je ne suis pas un développeur comme l’on peut en trouver chez BlueMind, je ne suis qu’un scripteur dont la volonté est de se faire comprendre (outre fournir une solution à un problème).

C’est pourquoi, le code n’est pas optimisé à 200%. Les Pythonistes pleureraient. Mon code est lisible facilement donc modifiable.

Mes remerciements à toute l’Equipe de BlueMind (sinon je vais oublier des noms 😉 ) pour cette mise en avant de mon travail

Je vous donne rendez-vous au Paris Open Source Summit 2018 !

Pascal

Les 6 challenges majeurs qui attendent les DSI en 2019

Le Paris Open Source Summit, premier événement européen consacré à l’Open Source et aux logiciels libres, se tiendra les 5 et 6 décembre prochain aux Docks de Paris. L’édition 2018, dont le président du programme n’est autre que Pierre Baudracco (@pierrebod), président de BlueMind, mettra en lumière l’importance de l’Open Source dans la révolution numérique et son impact croissant dans la transformation massive de nombreux secteurs. Les métiers de l’IT sont en révolution permanente et le DSI a un rôle clé pour maintenir son entreprise dans la course. Nous avons dressé un panorama des 6 grands challenges et priorités qui attendent les DSI dans les mois (années?) à venir.

1. Repenser le client interne

Certains responsables informatiques n’ont pas encore conscience de l’importance d’offrir aux utilisateurs internes la même expérience fluide et intuitive avec les logiciels d’entreprise qu’avec les applications grand public. Pourtant si les collaborateurs estiment qu’un logiciel n’est pas facile à utiliser, ils trouveront des moyens de le contourner. Ce phénomène, que l’on appelle Shadow IT, désigne la mise en œuvre de systèmes informatiques et logiciels non approuvés par la DSI. En somme, un véritable cauchemar qui pose de graves questions de sécurité, de fiabilité et plus simplement d’efficacité.

Pour ce qui est des outils internes on remarque que les DSI ont plutôt tendance à privilégier un panel de fonctionnalités plutôt que l’ergonomie ou la simplicité d’utilisation. Mais ce merveilleux logiciel couteau suisse, avec tous ces boutons partout et sa notice en centaines de pages ne sera finalement jamais utilisé à son potentiel si les collaborateurs ont des difficultés à trouver les fonctionnalités.

Si les termes UX et UI pour respectivement « eXperience utilisateur » et « Interface utilisateur » sont sur toutes les lèvres dans la conception des produits pour les clients finaux, on commence à peine à les considérer pour les clients internes. La raison de cet intérêt soudain: la prolifération des appareils mobiles et des nouvelles applications web qui ont rendu les DSI plus conscients de la valeur des interfaces utilisateur simples et intuitives. Ils voient à quel point il est facile pour les employés d’exécuter une variété de processus en quelques clics sur un smartphone ou une tablette.

Pour autant rendre « user friendly » un logiciel ne signifie pas simplement d’en créer une version accessible sur mobile. Il faut repenser les usages dans leur ensemble. L’un des grands challenges qui attendent les DSI dans les années à venir sera de considérer le client interne comme un consommateur de service à part entière en s’adaptant aux évolutions rapides des technologies.

2. La gestion du changement

En plus d’avoir des organisations informatiques très efficaces, le DSI doit aussi accompagner les collaborateurs vers des comportements différents ; notamment en ce qui concerne la collaboration intra et extra service.

La technologie peut permettre le changement, mais le succès du changement dépend en fin de compte de l’adhésion ou de la résistance des employés. Vous pouvez changer les technologies très rapidement dans les bonnes circonstances, mais changer la façon dont les employés perçoivent leurs rôles, l’entreprise et votre culture ne se fait pas du jour au lendemain. Le temps nécessaire pour changer les esprits doit être intégré à votre plan de gestion du changement.

Comme l’a dit le général prussien Helmuth von Moltke au 19e siècle : « Aucun plan de bataille ne survit jamais au premier contact avec l’ennemi. » Ce poncif est tout aussi valable lorsqu’il s’agit de gestion du changement. Au fur et à mesure que vous dirigez votre organisation à travers le changement, des défis nouveaux et inattendus surgiront.

Autant nous avons soif de changement dans l’absolu, autant nous détestons abandonner nos habitudes de longue date. Cela nécessite une collaboration entre les silos, « mais les managers et les employés ont tendance à résister à ces changements, ce qui freine la transformation numérique », selon un sondage Harvard Business Review cité dans le blog du CIO du Wall Street Journal. Pour InfoWorld, « Maintenant que l’informatique dans le cloud est la nouvelle norme, c’est la culture de l’entreprise et non la technologie qui retient la transition ».

Le succès d’une initiative de gestion du changement repose donc sur un juste équilibre entre les activités de l’entreprise et la technologie. Le désir de changement est le plus souvent motivé par les besoins de l’entreprise, et le département IT participe à la définition des objectifs pour s’assurer que la solution proposée soit réaliste et évolutive. Si les besoins opérationnels et la technologie qui les soutient ne sont pas harmonisés, l’organisation se retrouve avec une information cloisonnée et des objectifs mal adaptés.

« Il faut mettre en œuvre de la pédagogie, des process, de la planification, avec une stratégie d’écoute des utilisateurs, afin qu’ils puissent se projeter dans les nouvelles technologies qu’on leur apporte » Business et marchés.

3. Vers la communication unifiée

Aider les équipes à mieux collaborer en interne sera l’un des autres grands challenges de l’année 2019. Aujourd’hui 70% de notre temps en ligne se déroule sur smartphone. « La mobilité n’est plus une option. Ces chiffres soulignent l’importance d’un réajustement des processus de communications, et illustrent un réel besoin de flexibilité si vous souhaitez rester compétitif. Par conséquent, l’implémentation d’un système de Communications Unifiées (UC) complet au sein de l’entreprise est indispensable, si celle-ci souhaite garantir son avenir et rester forte face à la concurrence. » (Les Echos, avril 2018)

Il est souvent risqué de perturber la façon dont les employés interagissent. Le déploiement d’outils de communications unifiées peut être plus hasardeux que le déploiement d’autres logiciels d’entreprise, car il affecte les habitudes bien ancrées des employés sur l’outil le plus utilisé. La bonne gestion du changement prend ici tout son sens : on ne peut juger de la réussite du projet qu’en fonction de l’appropriation de ces nouveaux outils.

L’e-mail est l’application la plus sensible. C’est la « clé de voûte » de toutes les entreprises : une interruption même temporaire de service peut paralyser l’activité et avoir de lourdes conséquences. Il incombe à toute organisation d’apprendre à gérer efficacement son courrier électronique, d’autant plus qu’une mauvaise utilisation par les utilisateurs peut avoir des impacts sur la productivité.

Les DSI et responsables IT sont particulièrement bien placés pour diriger non seulement l’adoption de la technologie, mais aussi la gestion du changement organisationnel nécessaire pour tirer pleinement parti des avantages des nouvelles technologies.

4. Sécurité et souveraineté : intimement liées

Impossible de parler des défis du DSI en 2019 en ignorant la sécurité. Avec les violations massives de données qui se produisent régulièrement partout dans le monde, c’est presque un pléonasme que de dire qu’il s’agit d’une priorité. Le véritable défi est de sécuriser les données d’une manière qui n’entrave pas les activités de l’entreprise et ne nuit pas à leur accessibilité.

Les lois sur la protection de la vie privée et l’hébergement de données varient selon les pays et les États, et certaines sont plus strictes que d’autres. Naviguer dans ce labyrinthe juridique international prend beaucoup de temps et requiert une certaine expertise.

La sécurité pose nécessairement la question de la souveraineté des données. Qui les maîtrise, qui y a accès ? Mais la notion de souveraineté occupera les DSI sur un périmètre bien plus large dans les années à venir. En effet, il s’agira de s’émanciper de la main-mise des solutions américaines sur la question du numérique.

A l’heure où à l’ouest le Président clame « America First » et à l’est la Chine progresse à vive allure, la France, et à plus grande échelle l’Europe doivent réussir à s’imposer. Le risque c’est de voir des secteurs entiers subir un effet de « lock-in » et devenir complètement dépendants. C’est déjà le cas sur la majorité des applications front end : messagerie, moteur de recherche, bureautique… Il existe parfois des alternatives qui ont déjà fait leurs preuves, les DSI vont devoir sortir du cadre pour les intégrer et regagner leur indépendance.

Enfin il y a aussi la question des solutions Open Source vs. Propriétaire et de l’idée (qui tend à disparaître) que les données sont mieux sécurisées si on ne les voit pas (« la sécurité par l’obscurité« ). Votre service informatique peut se sentir plus à l’aise avec l’utilisation de logiciels propriétaires pour les applications critiques. Pour autant cette idée tend a être dépassée. Le courrier électronique est l’exemple parfait d’une application critique (imaginez ce qui arriverait s’il cessait de fonctionner pendant 48 heures!) qui a pleinement adopté l’open source et dont la sécurité n’est plus à remettre en question.

5. Montée en puissance de l’Open Source

La part croissante des solutions Open Source d’entreprise joue un rôle important dans la façon dont les entreprises et les gouvernements modernisent leurs infrastructures informatiques, en particulier lors de la migration vers le cloud. Les avantages de l’Open Source d’entreprise sont nombreux, car il offre aux entreprises des options et des capacités qu’elles ne pourraient pas obtenir avec un logiciel propriétaire.

De plus, les DSI ne sont jamais enfermés dans la solution d’un seul fournisseur puisque les capacités offertes par l’Open Source sont omniprésentes et en constante évolution. L’Open Source permet l’intégration facile de nouvelles solutions, permettant ainsi aux professionnels IT d’améliorer l’infrastructure existante plus efficacement que de travailler avec des fournisseurs de solutions propriétaires.

Pour beaucoup de responsables IT, basculer vers des briques Open Source n’en reste pas moins périlleux. S’il n’y a pas de fournisseur commercial derrière, vers qui vais-je me tourner en cas de panne majeure ? (source) Rappelons ici le rôle essentiel de l’éditeur ; il doit proposer une véritable solution pérenne intégrant le support, la maintenance évolutive et toute une plateforme de services. L’éditeur open source transforme un code source en une solution directement utilisable et créatrice de valeur pour le client.

L’open source est unanimement reconnu comme un formidable levier de transformation digitale. L’actualité témoigne d’ailleurs de sa montée en puissance dans les challenges qui attendent les DSI avec le rachat de GitHub par Microsoft et tout récemment le rachat de Red Hat par IBM.
Cette opération est d’ailleurs présentée comme « l’acquisition technologique la plus importante de l’année ».

6. Innover toujours

Les DSI et les responsables informatiques doivent être les moteurs d’une innovation constante et cohérente. Il ne suffit plus d’innover une seule fois et de se reposer sur ses lauriers. Dans l’environnement moderne, vous devez constamment vous adapter aux nouveaux changements. On attend des responsables IT qu’ils mettent en œuvre des plates-formes qui facilitent le développement rapide de solutions. Plus que jamais, ce sont les entreprises agiles qui réussiront.

Les DSI doivent établir des feuilles de route ambitieuses et innovantes assez rapidement. La grande difficulté consiste a résister aux buzzwords, à l’attraction du moment, tout en étant à l’écoute de son environnement, a être agile et toujours en mesure de pivoter.

Innover c’est aussi prévoir la compatibilité future de l’ensemble des plateformes que l’on met en place. Et l’Open Source est justement un vecteur d’innovation majeur dans ce sens.

« Côté développement applicatif, pour l’ensemble des DSI, « l’open source first » est devenu la règle. Tout nouveau projet doit reposer par défaut sur cette option. »
Alain Voiment, CTO adjoint et sponsor de la stratégie Open Source du groupe Société Générale et VP Grand utilisateur à l’occasion du Paris Open Source Summit 2017. Vous pouvez retrouver son intervention ici.

Un petit mot avant de partir

Nous vous donnons rendez-vous au Paris Open Source Summit, le premier événement en Europe sur l’open source, les logiciels libres et le numérique ouvert les 5 et 6 décembre prochains pour échanger sur ces sujets. 5000 personnes sont attendues pour cette l’édition 2018 qui fera intervenir 240 conférenciers au travers des grandes thématiques du programme : Tech / Solution / Ecosystème. Cette année encore, Pierre Baudracco, Président de BlueMind est également le président du programme du POSS.

Conférence BlueMind

Nous aurons le plaisir de dévoiler la nouvelle version de notre messagerie. Une version qui a demandé 5 ans de travail pour permettre une compatibilité à 100% avec Outlook, sans connecteur. En permettant aux organisations de conserver sans dégradation le client Outlook, mais aussi d’utiliser de façon riche et collaborative les autres clients comme Thunderbird, le web ou les mobiles, la solution BlueMind offre une alternative européenne ouverte et moins chère pour la messagerie et un horizon pour le poste client Open Source.

A découvrir à l’occasion de la conférence « Enfin une messagerie Open Source 100% compatible Outlook », mercredi 5/12 à partir de 9h15. Par Sylvain Garcia. Toutes les infos et inscriptions ici.

L’Open Source dans l’industrie

A l’occasion des Rencontres Régionales du Logiciels Libres de Toulouse sur le thème de « l’Open Source au service de la transformation digitale de l’Industrie », nous vous proposons un tour d’horizon de l’Open Source dans l’industrie en France et dans le monde.

Le sujet des prochaines Rencontres Régionales du Logiciel Libre à Toulouse sera « l’Open Source au service de la transformation digitale de l’industrie« . Des experts de grands groupes industriels viendront apporter leur témoignage (programme complet et inscription). Forcément, sur le blog, nous nous sommes dit que c’était une bonne occasion de nous pencher en avant première sur la question. Vous savez, histoire de pouvoir vous la raconter un peu lors du cocktail de clôture

Quand l’industrie se réinvente : de la compétition à la collaboration

La clé du succès dans l’industrie peut se résumer de façon assez simple : rendre le processus de fabrication plus efficace pour améliorer la qualité, augmenter la quantité et réduire les coûts. Fastoche. Évidemment le nœud gordien réside dans le besoin de moderniser des machines, équipements et systèmes informatiques sans impacter ni le rythme de production, ni les coûts. Aïe.

Mais se réduire à cette vision serait oublier la concurrence qui fait rage à l’extérieur de l’entreprise, puisque tous ses concurrents jouent des coudes pour déployer la meilleure technologie, la plus fiable et le plus rapidement possible.

Pourtant, on remarque depuis peu un phénomène étonnant dans le « petit » monde de l’industrie. Plutôt que de chercher à posséder des ressources et des capacités, les sociétés utilisent de plus en plus des plateformes pour accéder à des écosystèmes de technologies, de talents et d’informations. Il semble que le chemin du succès ne consiste plus à batailler tout seul jusqu’au sommet, mais plutôt à se frayer un chemin vers le centre du réseau. (source)

Rappelez-vous que Steve Jobs était totalement contre la création de l’AppStore. Selon son biographe Walter Isaacson, le boss d’Apple ne voulait pas permettre à des tiers de fonctionner nativement sur iPhone. Il s’inquiétait notamment de l’énergie nécessaire pour surveiller une véritable armée de développeurs tiers.

Pas très visionnaire sur ce coup… En 2017 l’AppStore générait 38,5 milliards de dollars, 34% de plus que l’année précédente (source) et les nombres de téléchargements crèvent le plafond. C’est bien la mutualisation des compétences et la construction d’un écosystème qui a permis d’atteindre ce succès.

N’en déplaise à Michaël Porter, la capacité à collaborer et co-créer est devenue le nouvel avantage compétitif clé dans le monde de l’industrie (comme ailleurs aussi, mais restons focus). Il existe plusieurs façons de collaborer comme le modèle américain des « manufacturing hubs« . Il s’agit de 14 instituts d’innovation industrielle basés sur des partenariats public-privé qui ont chacun une orientation technologique distincte, mais qui visent tous un but commun : assurer l’avenir de la fabrication aux États-Unis par l’innovation, l’éducation et la collaboration.

Une autre voie est celle suivie par Elon Musk (entre autres) qui a renoncé à faire respecter l’exclusivité des brevets de Tesla en 2016. De leur côté Google, Facebook, Microsoft et IBM se dirigent tous vers l’open-source avec des sujets aussi variés que la robotique, l’IA ou les télécoms.

Qu’est ce qui fait de l’Open Source une solution idéale pour l’industrie ?

A question simple, réponse simple : le coût, le support, la flexibilité, la communauté, la plate-forme et surtout, la mutualisation.

Disons aussi que l’Open Source inspire beaucoup plus confiance qu’autrefois et les innovations qui en sont issues sont innombrables. Le Libre est au cœur de la plupart des grandes innovations numériques : Cloud, Blockchain, briques d’infrastructures et autres logiciels dans tous les domaines.

« L’Open Source est une filière deux fois plus dynamique que l’ensemble du marché numérique français : avec un taux de croissance annuel moyen de 8,1 % entre 2017 et 2020, le marché français du logiciel libre et Open Source passera de 4,46 Mds d’euros cette année – 4,18 Mds d’euros en services et 278 M€ en logiciels – à 5,650 Mds d’euros dans trois ans, selon le cabinet d’études PAC. » (source)

Le mouvement DevOps est également un moteur fort du logiciel libre. Basée sur une philosophie de développement agile, cette démarche repose sur la collaboration et l’ouverture des équipes de développement et d’administration, qui limite les risques, accélère les développements et optimise la qualité des livraisons.

Ce qui fait aujourd’hui le succès d’un logiciel, c’est sa capacité à s’interfacer avec les autres, sa modularité et son interopérabilité. L’ère des software ultra-personnalisés qui nécessitent du développement sitôt qu’il s’agit de fonctionner avec une autre plateforme ou de réaliser une tâche qui n’était pas prévue au départ est bien révolue. Dans ce domaine l’Open Source part avec un temps d’avance sur ses concurrents propriétaires : la philosophie de développement est d’emblée ouverte, portée par le partage, le respect des standards, l’ouverture et l’esprit d’innovation.

L’entreprise peut développer la plate-forme autour de sa propre vision, en bénéficiant de socles et solutions éprouvés et en gardant en ligne de mire la compatibilité et l’interopérabilité de ses logiciels. En bref, l’Open Source permet d’accéder à l’innovation beaucoup plus rapidement ! (source)

Et la sécurité dans tout ça ?

L’Open Source a encore aujourd’hui cette image qui lui colle à la peau d’un magasin aux portes grandes ouvertes où l’on vous dirait : « venez vous servir ». Entre les « est ce que ça marche pareil » et les « combien ça coûte« , la question du « quelles garanties de sécurité » intervient très tôt dans les discussions entre éditeurs et industriels.

Ce que l’on observe pourtant au contact des industriels, c’est que la vieille maxime de « la sécurité par l’obscurité«  devient de plus en plus obsolète. « Cacher son code n’empêche pas les hackeurs de trouver des failles », estime Stéfane Fermigier du CNLL dans un article pour Hello Open World.

Les logiciels propriétaires ne sont pas plus à l’abri des attaques de cybersécurité que les logiciels libres. Ils en sont même plus vulnérables du fait que seul l’éditeur pourra être en mesure de repérer et réparer les failles. Du côté des logiciels libres, la veille quasi-permanente des contributeurs et l’oeil avisé d’utilisateurs experts sur un code accessible à tous devrait permettre de répondre plus rapidement à l’attaque.

En matière de sécurité surtout, l’Open Source offre des garanties de transparence et d’auditabilité que ne permettent pas les solutions propriétaires. Le code source est visible de tous, le logiciel n’a pas de « back door » secrète, pas de comportement non désiré ou en tout cas caché. On peut dire que lOpen Source est vecteur de confiance. D’ailleurs quand la CNIL a cherché a s’équiper d’un logiciel pour réaliser les analyses d’impact sur la protection des données suite au RGPD, elle a logiquement choisit un logiciel libre.

Nous pouvons prendre l’exemple le plus utilisé de votre SI par lequel circule des milliers d’informations sensibles et que les industriels (comme beaucoup d’autres d’ailleurs) confient allègrement à des solutions propriétaires américaines : la messagerie.

On ne le répétera jamais assez, peu importe que vos données soient stockées au milieu du Texas ou dans un pâturage Suisse, si l’entreprise qui les gère est américaine, alors elles sont accessibles par des tiers, c’est la loi américaine…

Personnaliser oui… mais jusqu’à quel point ?

Petit aparté qui relie justement innovation et sécurité. Si la douce brise de l’Open Source vous souffle déjà dans le cou et que vous imaginez toutes les choses merveilleuses que vous allez pouvoir bâtir spécialement pour votre entreprise. N’oubliez pas que comme tout ce qui est nouveau, l’implémentation de technologies Open Source doit être accompagnée pour qu’elles puissent être adoptées par vos utilisateurs. Faire du « sur mesure » ne vous sauvera pas de l’étape « gestion du changement« . Exemple criant de vérité : la messagerie. Dans ce domaine on ne cherche pas à customiser à l’extrême pour répondre à toutes les conditions possibles mais plutôt à simplifier au maximum l’usage de l’utilisateur en respectant ses habitudes.

La messagerie a une place très particulière dans l’entreprise, qu’il s’agisse ou non d’une industrie : il ‘agit de l’outil que l’on consulte et utilise le plus, bien que l’on ait tendance à l’oublier complètement. Pourtant, quand on change d’entreprise, on est rassuré de retrouver un système de messagerie familier. C’est facile, on le maîtrise, on n’aura que peu de phase d’apprentissage.

C’est le défi que s’est lancé BlueMind en travaillant depuis cinq ans pour parvenir à supporter Outlook à 100%. Qu’est ce que ça apporte concrètement ? En permettant aux organisations de conserver sans dégradation le client Outlook, mais aussi d’utiliser de façon riche et collaborative les autres clients comme Thunderbird, le web ou les mobiles, BlueMind assure que son logiciel s’intégrera en toute transparence dans les différents contextes d’utilisation en respectant les habitudes des utilisateurs.

Il est important de souligner ici le rôle prépondérant de l’éditeur dans les logiciels libres. On a surtout tendance à penser l’Open Source en termes d’infrastructure et de méthodes de travail et l’on imagine que le reste se fera naturellement. Aujourd’hui l’Open Source gravit les échelons et arrive sur le poste utilisateur et les solutions métiers. Ceci rend toute sa place à l’éditeur. C’est lui qui transforme un code source en une solution répondant au besoin et porte la vision produit auprès du client : ergonomie, intégration, support, documentation, fiabilité, pérennité dans le temps, etc.

Faire émerger le changement de l’intérieur

Certaines industries ont pris le parti de cultiver l’Open Source à l’intérieur même de leur structure au travers de groupes de travail dédiés ou carrément de start-ups internes.

En bons Toulousains, nous prendrons l’exemple d’Airbus qui a justement créé des start-up IT, basées sur le mode du volontariat et dont le fonctionnement est totalement indépendant du fonctionnement hiérarchique traditionnel. Pour Peter Schoonjans, directeur de l’infrastructure IT d’Airbus: « Il s’agissait d’accélérer l’implémentation d’un outil ITSM, mais l’objectif principal de ce projet était de pouvoir nous appuyer sur un exemple concret qui allait nous permettre de promouvoir les usages de l’Open Source en interne, montrer à tous que c’est une démarche sérieuse, et montrer les avantages qu’il y a à s’appuyer sur l’Open Source. C’est un moyen d’être innovant, d’aller plus vite et aussi de réduire le ‘vendor locking’. » (source)

Toujours en France on peut citer Renault et son Laboratoire Collaboratif d’Innovation.

Côté Américain General Motors est l’un des nombreux exemples en ayant intégré la mini usine FirstBuild qui se décrit comme « un sas entre open innovation, mouvement maker et production traditionnelle.« 

Enfin, peut-être avez vous déjà entendu parler de « l’innersource« , un terme qui se répand surtout dans les industries anglo-saxonnes pour l’instant. Il représente le fait d’intégrer les pratiques de développement de logiciels libres et d’établir d’une culture de type Open Source au sein de son organisation. Louverture du projet s’étend à de nombreuses équipes mais toujours au sein de la même entreprise. Cela permet de traiter de sujets sensibles sans craindre qu’ils ne soient révélés à des tiers, tout en profitant de la créativité et de la diversité des perspectives apportées par les personnes des différents services.

En conclusion

L‘adoption de l’Open Source dans les industries est devenu un avantage concurrentiel indispensable pour bénéficier de la flexibilité et de l’efficacité dans l’exécution des tâches avec des avantages, tels que la réduction des coûts, l’accélération des délais de mise sur le marché, la simplification de l’interopérabilité et aussi la mutualisation des coûts.

L’Open Source s’est introduit d’abord comme un disrupteur regardé avec méfiance, une idée loufoque du labo interne, un POC rigolo d’une start-up quelconque…. mais finalement représente maintenant l’avenir numérique de l’innovation industrielle.

Rejoignez nous à l’occasion des RRLL 2018 de Toulouse pour aborder le sujet de l’Open Source dans l’industrie avec les grands acteurs du secteur. Et comme on est sympa (et parce que vous avez lu jusqu’au bout) vous avez le droit au code super secret qui permet de bénéficier d’entrées gratuites : RRLL2018.

 

 

DevOps et Intégration continue : focus sur la démarche qualité de BlueMind

BlueMind a intégré le mouvement DevOps dans sa démarche qualité. Grâce à l’intégration continue nous produisons plus rapidement et de meilleure qualité.

Le terme DevOps est apparu assez récemment dans le paysage informatique mondial, mais s’est déjà hissé au sommet des pratiques les plus efficaces. D’après le cabinet Gartner en 2015, 25% des 2000 plus grands groupes mondiaux s’orientaient vers la démarche DevOps. Plus qu’une méthode de travail, il s’agit surtout d’un changement culturel qui vise, comme son nom l’indique, à rapprocher le développement des opérations. L’objectif est double : raccourcir les délais de déploiement de mises à jour et garantir un haut niveau de qualité.

Le secret de la démarche réside dans la coopération et le partage ; les développeurs et les responsables de l’exploitation des systèmes collaborent pour délivrer le logiciel en continu. Les cycles de développement sont plus courts, la qualité est évaluée tout au long du projet et les déploiements sont plus fréquents.

« DevOps est un ensemble de pratiques et de valeurs culturelles qui a fait ses preuves pour aider les organisations de toutes tailles à améliorer leurs cycles de sortie de logiciels, leur qualité, la sécurité et la capacité à obtenir rapidement un feedback sur le développement. »Puppet Labs, rapport «State of DevOps», 2017

BlueMind a choisi d’implémenter une démarche DevOps au travers du processus d’intégration continue. Focus sur les enjeux et bénéfices.

Un nouveau paradigme

Traditionnellement, les développeurs ne partageaient pas leur travail avec le reste de l’équipe et avançaient  individuellement sur de longues périodes. Ils n’intégraient leurs modifications au code qu’une fois leur travail terminé. Le développeur n’avait pas de vision sur l’impact réel d’une mise à jour sur l’ensemble de l’application. En conséquence, on ne peut identifier les problèmes qu’en bout de chaîne et il est difficile de les localiser précisément, retardant la livraison des mises à jour.

De leur côté, les directions opérationnelles doivent attendre parfois plusieurs mois que les tests et le déploiement soient enfin satisfaisants pour répondre à un besoin utilisateur… qui a probablement déjà évolué. Les deux équipes, développement et opérations ne partagent pas les mêmes objectifs et donc n’ont pas les mêmes priorités.

Sur le papier les exigences du logiciel sont claires, définies à l’avance et stables. Les développeurs s’occupent du code, les équipes opérationnelles de sa mise en œuvre sur les systèmes de l’entreprise. Sur le papier…

Dans le monde réel l’informatique évolue trop rapidement pour permettre de conserver un cahier des charges fixe tout au long du projet. Dans le cadre d’un éditeur de logiciel, le « projet » ne se termine jamais ! Les logiciels doivent pouvoir être mis sur le marché plus rapidement, mais ils doivent aussi pouvoir évoluer constamment. De nouvelles fonctions doivent pouvoir être ajoutées le plus simplement possible, et les bugs découverts doivent pouvoir être corrigés. Les nouveautés ne doivent pas casser l’existant et prendre en compte toutes les configurations et cas possibles. Il n’y a plus de jour «J » pour délivrer le produit comme auparavant.

DevOps et ses pratiques (dont l’innovation continue) visent à mettre fin à cette bataille entre Dev et Ops – pour parvenir à l’équilibre entre innovation et stabilité.

DevOps : un meilleur dialogue entre les équipes

La démarche DevOps consiste à mettre en place un processus global impliquant tous les intéressés quel que soit leur rôle initial. Fini les individus isolés et hyper-spécialisés, les équipes de développement et d’exploitation travaillent en commun sur tout le cycle de vie d’une application, de sa conception et son test jusqu’à son déploiement et à son exploitation.

Les équipes partagent de nombreuses responsabilités et combinent leurs workflows. Cela leur permet de limiter les pertes d’efficacité et de gagner du temps.

Dominique Eav – Chef d’orchestre de la qualité BlueMind

« Chez BlueMind personne n’avance seul dans son coin. Nous cultivons la collaboration et le partage pour favoriser l’efficacité opérationnelle. Nous avons un objectif commun et un plan – défendu par le product ou feature owner – pour l’atteindre ensemble. Toute l’équipe peut suivre les projets, les idées et les difficultés de chacun. »

Ce temps passé à partager les savoir-faire, idées et connaissances doit être largement rentabilisé par l’efficacité gagnée dans la qualité des livraisons, l’anticipation des problèmes/erreurs et la rapidité des dépannages.

Intégrer en continu

Expliquée simplement, l’intégration consiste à rassembler des morceaux de code et à les faire fonctionner ensemble. Souvent, c’est un vrai sacerdoce ! En effet, les projets et les environnements sont nombreux, chaque environnement impliquant une organisation différente du module concerné, des étapes de construction, de test, de validation et de déploiement. L’intégration continue permet de résoudre ces problèmes en faisant collaborer tous les acteurs d’un projet du développement à l’exploitation.

L’intégration continue désigne l’ensemble des pratiques qui permettent aux développeurs d’intégrer régulièrement leurs modifications de code à un référentiel centralisé, de créer et mener automatiquement des sessions de test automatisés, puis de déployer les résultats du build si les voyants sont au vert. Ce processus permet de repérer et corriger plus rapidement les bugs, d’améliorer la qualité et de réduire les temps de validation et de publication de nouvelles mises à jour.

Historique des résultats de tests.
Pour un test donné on voit ce qu’il se passe maintenant et l’historique, un FAIL sur un test qui passait auparavant est signe d’une régression

Elle  permet de vérifier, à chaque modification du code source, que le résultat ne produit pas de régression ou de défaut dans les parties non modifiées de l’application. Les bugs sont identifiés et donc corrigés plus rapidement, les temps de validation et de publication sont réduits et bien entendu la qualité finale est améliorée.

« Nous utilisons largement le principe de pull request. Il s’agit d’un mécanisme permettant à un développeur de partager et valider son travail sans qu’il ne soit forcément terminé. Le développeur peut proposer à tout moment une pull request pour solliciter une revue des personnes impliquées. C’est beaucoup plus qu’une simple validation – il s’agit d’une vraie discussion sur les partis pris techniques de la fonctionnalité proposée. Ainsi nous nous assurons d’une part que l’ensemble de l’équipe puisse suivre les évolutions techniques et d’autre part de l’intégrité des choix »

— Dominique Eav responsable qualité BlueMind.

Tableau de bord sur le build d’une branche (master)
Ce diagramme présente les résultats de tests, les différentes étapes du build et les builds précédents

L’automatisation : clé de voûte de l’intégration continue

Compilation, tests unitaires et fonctionnels, validation produit, tests de performance… sont des activités essentielles mais chronophages, sans parler de l’erreur humaine, toujours possible. Le principe de l’intégration continue repose sur leur automatisation pour gagner du temps et assurer toujours le meilleur niveau de qualité possible.

Ainsi, dès que le développeur produit du code, l’outil vérifie automatiquement qu’il respecte les règles communes mises en place pour l’ensemble de l’équipe. Cette procédure garantit la qualité du code produit et sa stabilité dans le temps par le respect des bonnes pratiques de développement.

Cet outil d’analyse du code permet de voir la couverture de test sur le code. Il faut tendre vers la plus grande couverture possible.

BlueMind utilise Jenkins pour piloter sa chaîne d’intégration continue. Ce logiciel permet de tester et de rapporter les changements effectués sur une large base de code en temps réel pour détecter rapidement les problèmes.

Jenkins nous permet de construire et tester nos branches de développement (features ou corrections), dont les changements intègrent en continu nos branches de release (3.0, 3.5, 4.0), et ce sur toutes les distributions linux supportées (8 pour BlueMind 3.5.9). Le coeur de BlueMind comprend plus de 500 modules, et interagit avec de nombreux AddOns que l’on retrouve sur le Marketplace, eux aussi construits, testés et déployés par notre chaîne d’intégration continue, avec les mêmes contraintes de compatibilité et de qualité. Plus de 3000 tests sont réalisés sur chaque build. Ce degré de complexité serait impossible à gérer manuellement ! Toute l’intelligence de l’intégration continue réside dans l’enchaînement automatique des différentes tâches, dans une logique d’industrialisation des processus.

« Nous avons une approche consensuelle et pragmatique. Nous mettons en œuvre et améliorons nos processus de façon à faciliter la vie des membres de l’équipe, pas pour répondre à un cahier des charges qui nous serait imposé. L’automatisation qui en résulte permet d’aller vite et de faire émerger les éventuels problèmes au plus tôt. Chaque brique de notre chaîne d’intégration continue est une ceinture de sécurité »

— Dominique Eav responsable qualité BlueMind.

Cet outil d’analyse statique de code qui examine les différentes classes, mesure la dette technique c’est à dire le temps nécessaire pour corriger les problèmes que présente telle ou telle partie du code.

En plus de supprimer des tâches fastidieuses, cette automatisation permet de fiabiliser le processus de déploiement tout en augmentant la fréquence des livraisons. Les équipes peuvent se consacrer à améliorer les fonctions existantes ou assurer un suivi de qualité plutôt que d’effectuer des tests manuellement.

Des bénéfices concrets

L’intégration continue fait gagner énormément de temps aux équipes de développement puisque chaque modification du logiciel est immédiatement testée. Un code compilé régulièrement permet d’identifier rapidement les modifications qui posent problème en cas d’erreur. Le développeur a un aperçu rapide des régressions qu’il a causé. Les incompatibilités entre le logiciel et l’écosystème dans lequel il devra évoluer sont elles aussi repérées très tôt.

Durant tout le processus de développement et de déploiement, toute l’équipe collabore étroitement dans un but commun : la réussite du projet dans son intégralité, et pas uniquement de leur partie.

Lorsque toute l’équipe de projet est agile, le développement d’une nouvelle fonctionnalité ou la correction d’un bug peuvent être rapidement mis en production – ou annulés si nécessaire. Une version fonctionnelle du logiciel est toujours disponible et il n’est pas utile d’attendre que le logiciel soit mis en production pour s’apercevoir qu’il ne fonctionne pas. Dans le cas de BlueMind, nous mettons d’abord ces nouvelles fonctionnalités ou correctifs en production en interne. Un procédé que l’on appelle « eating your own dog food« , ce qui signifie que nous sommes les premiers utilisateurs de notre solution.

Côté client, l’intégration continue permet de livrer plus rapidement et plus fréquemment des mises à jour tout en garantissant le plus haut niveau de qualité possible.

Pour conclure

Installer un ordonnanceur comme Jenkins n’est pas suffisant pour faire de l’intégration continue. Comme le stipule le Manifesto de l’Agilité logicielle, les individus et les interactions passent avant les processus et les outils. Une démarche DevOps relève donc de la responsabilité de tous. La culture DevOps implique d’adopter une approche transparente basée sur la communication et la collaboration entre les équipes informatiques/opérationnelles et de développement. DevOps est une excellente approche pour les entreprises qui innovent sans cesse !

BlueMind s’est structurée dès le départ autour de ces principes pour assurer le meilleur niveau de qualité dans un environnement complexe. Grâce à cette agilité nous pouvons livrer des produits stables et performants à travers des processus industrialisés entre exploitation et développement.

Petit précis de productivité grâce aux emails

Si l’email est et reste le premier canal de communication en entreprise, êtes vous sûrs de l’utiliser au mieux ? Ce petit guide va vous aider à devenir un pro de l’email efficace !

Notre dernier article vous expliquait que l’email n’est pas près de disparaître du quotidien des entreprises malgré la concurrence féroce d’autres outils plus instantanés. Pour autant, bien que leur usage progresse régulièrement chaque année, ils sont accusés de tous les maux : tueurs de productivité, facteur de stress, perte de temps, addiction, vecteur d’incompréhension, mauvaise utilisation

En ce mois d’août nous avons décidé de vous donner un coup de pouce avec ce petit précis de productivité grâce à l’email. A vos claviers, c’est parti !

1. L’email sert à envoyer des messages différés et archivables

Comprenez, il ne sert pas à stocker vos documents, ni a signaler une urgence. Il ne sert pas non plus à vider votre sac quand vous êtes agacé. Ce serait un peu comme écrire un lettre à votre conjoint(e) en plein milieu d’une dispute.

Pour ce qui est de la gestion des documents, attention à ne pas envoyer à tire larigot tout ce qui vous passe sous la main. En premier lieu assurez vous que votre destinataire sera en mesure de lire le format de pièce jointe que vous lui adressez.

Gardez en tête que plus la taille du fichier est importante et plus il sera long à envoyer et réceptionner. Un fichier trop volumineux peut être refusé par le serveur de messagerie du destinataire ou saturer sa boite de réception. Il faut préférer les emails contenant un lien pour télécharger un document plutôt qu’une pièce jointe trop lourde.

Enfin n’oubliez pas que l’email ne doit pas être utilisé pour gérer des conflits ou des urgences. Globalement, ce n’est pas un média « chaud ». L’un de ses principaux atouts est qu’il dure dans le temps et peut être classé, il faut donc l’utiliser « à froid », pour les informations appelées à durer dans le temps.

Petite exception tout de même, la traçabilité de l’email permet de donner une information formelle, appelée à faire date dans le cadre d’un conflit. Il peut donc plutôt être utilisé pour mettre un terme aux discussions et trancher. Attention toutefois à l’ironie ou aux tournures passives agressives qui pourraient relancer le débat. Restez aussi factuel que possible et pour le reste préférez une vraie discussion en face à face.


Hébergez vos fichiers volumineux sur le web et n’envoyer que le lien par email avec We Transfer ou No File. Certaines messageries comme BlueMind génèrent automatiquement un lien pour vos fichiers trop volumineux.

2. Le bon choix de destinataire

On vous l’a certainement déjà beaucoup rabâché : on indique en destinataire les personnes directement concernées par les actions à réaliser et en copie les personnes que l’on souhaite simplement informer. Et bannir : les « répondre à tous« .

Demandez vous toujours si les personnes à qui vous adressez un message sont bien légitimes pour le recevoir. Trop d’emails tue l’email. Plus personne ne vous lira si vous êtes identifié comme le spammeur de service.

Faites également attention aux listes de diffusion, assurez-vous qu’elles sont bien à jour sinon vous risquez de recevoir de nombreux messages d’erreur ou d’atteindre des personnes non concernées.


Pour tout savoir sur les listes de diffusion vous pouvez consulter la documentation de BlueMind, de Thunderbird, d’Outlook ou de Gmail.

3. Vous n’êtes pas Rafael Nadal, arrêtez de renvoyer la balle!

L’email n’est pas un chat ! Il n’est pas fait pour discuter en direct. Pour vos conversations simples ou urgentes, préférez les échanges directs (réunion, téléphone, messagerie instantanée etc.).
Quand c’est possible, essayez de vous contraindre à deux allers-retours maximum à partir du même e-mail de départ. Si vous avez encore des remarques après ces échanges, allez plutôt discuter avec votre destinataire physiquement ou par téléphone.

Dans la même idée, faites attention aux sujets qui dérivent. Il est important d’être précis dans l’objet de votre mail, ça vous permettra de le retrouver plus facilement. Si votre mail parle de tel dossier mais que les échanges ont dérivé sur un autre sujet, interrompez la discussion et ouvrez en une nouvelle. Tout comme en réunion physique, on peut perdre beaucoup de temps avec des digressions !

Guide pour bien formuler l’objet de vos emails

4. Rangez Rangez Rangez !

Vous tannez vos enfants pour qu’ils rangent leurs chambre ? Avez vous vu l’état de votre boite mail ? Charité bien ordonnée commence par soi même, alors on se retrousse les manches et on range sa boite de réception !

En premier lieu, créez des dossiers selon la règle de classement qui vous convient le mieux (thématique, alphabétique, chronologique…). Ensuite, créez des filtres de classement automatiques. Oui, ça prend un peu de temps mais ça vous en fait économiser tellement plus ! Plus besoin de faire le tri, les emails vont sagement se ranger tout seuls au bon endroit.


Découvrez comment faire sur Outlook, Thunderbird, BlueMind ou Gmail.

5. Traitez traitez traitez !

Peut-être avez vous lu le fameux essai de David Allen sur la productivité sans stress : Getting things done (s’organiser pour réussir en français). L’idée est simple : pour accomplir le plus de choses possibles et se débarrasser du « bruit » parasite, il faut mettre en place 3 principes dans le traitement des messages qui vous parviennent :

  • Choisir en pleine connaissance de cause ce que l’on fait,
  • Porter son attention que sur ce qui est actionnable immédiatement,
  • Rester serein sur ce que l’on ne fait pas : soit que l’on ait délibérément choisi de ne pas y donner la priorité, soit ce n’était tout simplement pas faisable maintenant.

Ce qui peut être traité en moins de deux minutes, traitez le immédiatement, vous vous éviterez l’accumulation de petites tâches qui finissent par former une montagne.

Les messageries vous offrent un panel d’outils pour vous organiser comme les indicateurs de couleur d’Outlook, la gestion des tâches de BlueMind, le « snooze » de mail permis par Gmail ou encore l’enrichissement des outils collaboratifs de Thunderbird (par BlueMind).

Avec tout ça vous n’aurez plus d’excuse pour vous laisser déborder par votre messagerie! Reste à évangéliser au maximum vos collaborateurs car l’email est un outil collectif.

N’hésitez pas à diffuser cet article autour de vous!

Sommes nous en train d’envoyer les derniers e-mails ?

Tueur de productivité, archaïque, l’email est la cible de toutes les critiques ! Entre les politiques « zero mail » et la montée en puissance des outils instantanés l’e-mail est-il en train de subir le même destin tragique que la lettre manuscrite ? Pas si sûr…

Nous allons de plus en plus vers un monde d’instantanéité : messagerie instantanée évidemment, smartphone toujours au bout des doigts, photos en rafales en quelques secondes, conférences vidéo Japon/USA/France tout en même temps…. On vit désormais tout en « direct live ».

Alors on peut légitimement se demander si l’e-mail n’est pas un archaïque vestige d’un âge qui n’existe plus. Un âge où il fallait prendre le temps de composer son messsage proprement, y apposer sa signature, appuyer sur « envoyer » puis attendre que l’autre le reçoive, sans vraiment savoir s’il l’a lu ou non (à moins d’avoir perdu du temps pour demander une confirmation), et attendre – encore – qu’il veuille bien vous répondre, parfois plusieurs heures (ou même jours pour les pires d’entre eux) plus tard.

Est ce que l’e-mail est en train de subir le même destin tragique que la lettre manuscrite ?

Il n’y a pas si longtemps, dans notre galaxie

Sachez que le tout premier e-mail a été envoyé en 1971 sur l’ancêtre d’Internet, ARPAnet. Déjà à sa naissance, on pouvait douter de son intérêt puisque l’envoyeur (Raymond Samuel Tomlinson) n’a pu que se l’envoyer à lui même – puisqu’on ne pouvait joindre que les utilisateurs d’un même domaine – et ne consulter le message que sur la machine d’origine.

Raymond Tomlinson

Il fallait donc un peu d’imagination pour se dire que cet épi-phénomène était le prémice d’un nouvel âge…

Mais notre Raymond ne s’est évidemment pas arrêté là! En s’ingéniant à faire progresser son idée, il a finalement réussi à envoyer le tout premier e-mail tel qu’on le connait à plusieurs destinataires en même temps, pour annoncer …qu’il venait de créer l’e-mail !
Chapeau Raymond !

La revanche des sites

L’e-mail s’est répandu comme une traînée de poudre dans les entreprises qui justement à la même époque s’équipaient en informatique. Et comme le héros d’une grande épopée a toujours besoin d’un ennemi juré celui de l’e-mail s’est manifesté très tôt : le SPAM. Même si le mot a été popularisé par les Monthy Python, il n’a finalement pas faire rire grand monde.
Le SPAM (mais aussi les envois de virus) sont rapidement devenus le côté obscur de la Force du mail.

Gary Thuerk
Tout est de sa faute!

Le Dark Vador de notre histoire s’appelle Gary Thuerk et travaillait pour la division marketing de DEC. En 1978, pour présenter une démo produit, il a eu l’idée diabolique d’envoyer un mail à la quasi totalité des internautes de la côte ouest des Etats-Unis. Le monstre était né.

Il aura fallut attendre 1996 pour que la première loi « anti-spam » voit le jour, qu’il soit considéré comme une nuisance et que l’on commence à blacklister des serveurs utilisés par les spammeurs.

L’éveil de la Force

Si le SPAM a pu devenir une telle nuisance, c’est bien que l’e-mail lui de son côté à connu un succès phénoménal. En 1973 le courrier électronique représentait déjà 75% du trafic sur le réseau Arpanet, devenant le moyen principal de communiquer devant le téléphone.
En plus des entreprises, il ne tarde pas à envahir les institutions, les écoles, les particuliers, bref, partout où l’on s’équipe en informatique.

On assiste à la naissance de milliers de start-ups, dont Hotmail, qui se fait dévorer par Microsoft l’année suivante. D’autres noms apparaissent rapidement dans le paysage de l’e-mail comme Outlook, Thunderbird et bien sur Gmail, petit dernier parmi les géants en 2007.

En 2016, près de 2,7 milliards de personnes dans le monde utilisaient le mail comme moyen de communication (chiffre huffington post). Vu d’ici, le mail semble rimer avec éternel, et l’on n’imagine pas qu’il puisse disparaître.

Une menace fantôme

Seulement voilà, il y a des gens très intelligents dans les cabinets de consulting qui ont édifié « le cycle du Hype » (Gartner) qui est capable de prédire l’avenir des technologies.
En gros, il se présente comme ceci et c’est valable dans la grande majorité des cas :

(source)

Sauf que pour l’e-mail la courbe a défié tous les pronostics. On semble avoir évité le gouffre des désillusions pour passer directement des attentes démesurées au plateau de productivité.

Il existe des milliers d’études sur l’usage du mail en entreprise. Elles convergent toutes vers l’idée que les cadres reçoivent en moyenne une centaine de mails par jour et passent plus de 5 heures à les traiter. Un vrai « tueur de productivité » qui fini par pourrir la vie des salariés, à tel point que des gourous de l’e-mail se sont élevés pour vous apprendre à survivre efficacement au tsunami.

En parallèle de cette invasion de l’e-mail dans la vie du salarié (au bureau, sur son smartphone et même chez lui), se sont développées des milliers d’applications permettant de discuter beaucoup plus instantanément. Slack, Messenger, Whatsapp, Skype, ne sont que quelques glaçons sur la face émergée de l’iceberg. On peut discuter en instantané et même en visio avec quelqu’un au bout du monde à tout moment.

La sempiternelle « transformation digitale en entreprise« , y a vu le nouvel El Dorado de la communication collaborative et était déjà prête à pousser le vieil e-mail dans son gouffre des désillusions.

L’e-mail contre attaque

Bien que challengé par toutes ces nouvelles technologies, l’e-mail en entreprise n’a jamais perdu une miette de terrain. Au contraire, le nombre d’e-mails échangés entre professionnels est en constante augmentation. Selon une étude Adobe menée sur la France en 2017 , le mail reste le premier canal de communication en entreprise (52%), devant la réunion physique (20%), le téléphone (13%), la messagerie instantanée (9%), la vidéoconférence (4%) et les réseaux sociaux d’entreprise à seulement 2%.

Raymond contre attaque
Raymond contre attaque

Surtout, rendez-vous compte de ce qu’il représente dans votre vie quotidienne et au travail ! L’e-mail est devenu l’identifiant par défaut des utilisateurs. Vous l’utilisez pour vous connecter à la plupart de vos services en ligne, vous attendez d’y recevoir toutes vos confirmations de commandes ou de rendez vous par exemple.

Et une pensée émue pour tous les DSI du monde qui ont vu un jour leur messagerie tomber en rade…. En réalité, il ne faut pas plus de 5 minutes pour que le PDG débarque, fulminant dans le bureau.

Sans aucun doute possible, l’e-mail est l’outil numéro 1 de communication en entreprise.

Selon les prévisions, l’e-mailing sera utilisé par près de 3 milliards de personnes d’ici 2020. Pour rappel, nous sommes actuellement 7 milliards sur terre…, ça fait tout de même 43% de la planète qui utilise l’e-mail. Depuis ces 15 dernières années, on constate même que son utilisation croît chaque année de 10% !

Un nouvel espoir

Un logiciel ne s’impose pas, il doit être adopté.  Des tas d’exemples nous le démontrent comme avec Microsoft, Google+ ou encore Apple Maps. Il est tout naturel que des habitudes se soient imposées également du côté de la messagerie d’entreprise, très largement trustée par les américains Outlook, Domino et Gsuite. L’e-mail étant devenu si évident, si habituel, si familier que la gestion du changement d’un client de messagerie est devenue un véritable enjeu stratégique pour les entreprises.

Cependant, comme le disait Charles Darwin, celui qui n’évolue pas est condamné à mourir. Ou plus simplement, « marche ou crève », c’est à dire que l’e-mail pour continuer d’exister (et d’asseoir sa domination sur tous les autres outils) doit sans cesse se réinventer, proposer de nouvelles fonctionnalités (comme par exemple de copier vos rendez-vous pris par e-mail directement dans votre agenda).

C’est très simple : pour être adopté il faut rester pareil, mais changer régulièrement. Exactement comme quand vous allez chez le coiffeur pour couper tout en conservant la longueur.

C’est un tour de magie que réussit particulièrement bien BlueMind (et l’auteur ne dit pas cela parce qu’il est rémunéré par BlueMind, d’autres l’ont dit aussi en 2012, encore en 2012, en 2014, en 2017, en 2018 etc.)

Le secret, c’est d’être capable de s’interfacer en toute transparence avec les nouveaux outils de l’entreprise (GED, dépôts web, CRM, WMS, ou simple annuaire interne).

La guerre des clones

La messagerie est un marché mature, tellement ancré dans le quotidien et les habitudes des utilisateurs qu’elle impose des contraintes strictes de présentation (le bouton envoyer comme ci, le transfert comme ça…). BlueMind étudie particulièrement les ergonomies des messageries les plus utilisées pour en extraire le modèle qui apporte le plus de valeur possible à l’utilisateur, sans bouleverser ses habitudes.

De plus, notre capacité à supporter de façon étendue les clients Outlook (nous sommes les seuls à supporter Outlook en mode natif sans connecteur), Mac et Thunderbird (en y ajoutant le volet collaboratif qui lui faisait défaut), permet de conserver les outils traditionnels, tout en passant sur de l’open source souverain et user-centric.

Même s’il est trop encore trop souvent mal utilisé (ce n’est pas une GED !), l’e-mail n’a pas dit son dernier mot ! Il n’est pas près d’être remplacé par les jeunes padawans qui voudraient le détrôner à coup d’instantanéité. L’e-mail sait se défendre, lui aussi est mobile, flexible, toujours plus collaboratif et proche du besoin utilisateur. En plus avec BlueMind, il est open-source, peu coûteux, souverain, et français.

Besoin d’être convaincu ? Demandez une démo !

En attendant, que la force de l’e-mail soit avec vous !