Le Libre et le Gratuit : Mythes & Légendes

(et réalité)

Le mot « free » est polysémique, il signifie aussi bien gratuit que libre. Pour autant la signification exacte de « Free Software » est « libre » : Logiciel Libre. Malgré tout, dans l’imaginaire collectif un logiciel libre est un logiciel gratuit. 

Vrai ou Faux ?

Il était une fois… 

Libre, gratuit, open source, ouvert, free… chacun de ces mots peut être utilisé pour désigner un logiciel dont le code est rendu public, accessible, utilisable, modifiable et redistribuable. Cependant plusieurs opinions s’opposent sur l’usage qui peut en être fait.

Evidemment, il existe des licences, plus d’une centaine en tout, qui régissent ce qu’il est possible ou non de faire avec un code accessible. Mais au-delà de ces règles établies, ce sont des philosophies qui s’affrontent. 

Commençons par un peu d’histoire du vocabulaire.

Le terme « Free Software » est le plus ancien et se reflète dans le nom de la Free Software Foundation (FSF), une organisation fondée en 1985 par Richard Stallman pour protéger et promouvoir le logiciel libre. Le terme « open source » lui, a été créé par Christine Peterson et adopté en 1998 par les fondateurs de l’Open Source Initiative.

Dans les années 1990, le terme « ouvert » appliqué au code source d’un logiciel était parfois utilisé pour laisser entendre que le code source était simplement inspectable, visible ou disponible.

Le terme « open source », tel qu’il est défini dans la définition de l’Open Source de l’OSI, indique clairement que l’open source n’implique pas seulement un simple accès pour inspection, mais aussi le droit perpétuel de forker (c’est-à-dire créer un nouveau processus par bifurcation d’un processus existant) le code et de l’utiliser sans frais supplémentaires.

Pour la FSF, les utilisateurs d’un logiciel libre ont la liberté d’exécuter, copier, distribuer, étudier, modifier et améliorer ces logiciels. Ainsi, « logiciel libre » fait référence à la liberté, pas au prix. Là où l’OSI voit des critères pragmatiques de transparence, de collaboration, d’innovation etc., la FSF émet un jugement de valeur : le libre est le bien et le propriétaire représente le mal.

La FSF et l’OSI utilisent des définitions différentes, qui aboutissent au même résultat dans la pratique. La FSF est cependant beaucoup plus dogmatique et politique que l’OSI et milite au travers de sa figure de proue, Richard Stallman.

Les termes « Open Source » et « Logiciel libre » sont interchangeables, sauf lorsqu’ils sont utilisés spécifiquement pour discuter de l’histoire ou des connotations de la différence terminologique elle-même. 

Les lasagnes de Mère-Grand

Une fois qu’on a dit ça la question reste en suspens : un logiciel libre est-il gratuit ? Reprenons une célèbre phrase de Richard Stallman: « This is a matter of freedom, not price, so think of “free speech,” not “free beer.” En français la nuance est plus évidente car les mots sont différents : « C’est une question de liberté, pas de prix, alors pensez à la liberté d’expression pas à la bière gratuite ».

Les développeurs sont comme vous et moi. Même animés des meilleures intentions, il faut bien qu’ils mangent et malheureusement le bénévolat ne remplit pas le frigo. L’Open Source ou le Logiciel libre – selon comment vous préférez l’appeler – ne peut être pérenne s’il ne dégage pas de bénéfices. Et quand on ne vend pas le produit, c’est que l’on vend un service ou que l’investissement dans le produit sert une autre cause (comme maintenir une alternative, par exemple : mozilla, pour éviter sa propre hégémonie ou celle d’un concurrent)

Pensez aux lasagnes. La recette est à la disposition de tous depuis des années. N’importe qui est en mesure de les réaliser. La recette a même été « forkée », on en a décliné de nouvelles versions : végétariennes, végane, au poisson… Pour autant, quand vous allez au restaurant italien de votre ville, vous êtes prêts à payer pour en manger y compris les plus standards comme les bolognaises. 

Même chose avec l’Open Source. Le code – la recette – est disponible, mais ça ne vous transforme pas en cuisinier pour autant, et encore moins en restaurateur. Le service, le support, les mises à jour, la compétence technique, la salle du restaurant, le service, la vaisselle et le cuisinier – doivent être fournis, et donc rémunérés.

Les éditeurs Open Source ont donc un rôle majeur à jouer dans la « consommation » de logiciels par les utilisateurs ou clients. 

« Les clients cherchent une solution à leur problème ou besoin, pas un code source » expliquait Pierre Baudracco à l’occasion du Paris Open Source Summit 2018. « Prenez le code de BlueMind, il est disponible. En revanche les compétences pour le déployer, le maintenir, le mettre à jour en toute tranquillité et efficacité, tout en minimisant les risques de problèmes, de perte, d’indisponibilité, en garantissant les outils et l’écosystème qui l’alimente, ainsi que le réseau de partenaires certifiés pour l’implémenter, tout ça, c’est nous qui le fournissons. » 

Formules magiques

Les logiciels les plus courants sur le poste utilisateur sont à ce jour majoritairement détenus par quelques grands acteurs internationaux, essentiellement américains. Acteurs que l’on retrouve également derrière les principales plateformes cloud, sous la désignation de GAFAM. Cette concentration est malsaine : ils prennent les entreprises en étaux en les rendant dépendantes de solutions et services toujours plus chers et aux conditions non négociables.

Sans oublier que ces géants sont très doués pour les tours de passe passe avec les impôts. Nous vous invitons à (ré)écouter notre ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire sur le sujet.

L’hégémonie de ces quelques acteurs leur permet de bénéficier d’une puissance inégalable. Même les états ne parviennent pas à les dompter en matière d’imposition. On parle d’une « Taxe GAFA » sans savoir comment la mettre en œuvre alors que pendant ce temps là Google déplace légalement des milliards dans des paradis fiscaux et Amazon promène son chiffre d’affaires entre le Luxembourg et le Delaware (pour ne citer qu’eux).

Dans un rapport intitulé « L’Open source – ou Logiciel libre – alternative aux grands fournisseurs », les DSI ont poussé un violent coup de gueule contre cette hégémonie, menaçant de se tourner vers le logiciel libre. En effet, le libre peut être une réponse réaliste, plus éthique, plus transparente et qui présente moins de risques de concentration (contrairement à l’idée de créer nos propres GAFAM européens.)

Un code accessible est synonyme de transparence, de pérennité (si son éditeur ne joue pas le jeu, un fork ou alternative peut apparaître comme par ce fut le cas pour mysql avec MariaDB) et « d’auditabilité », un mot barbare pour dire que l’on est en mesure de l’examiner, tout comme il est possible de lire la recette et la liste des ingrédients d’un plat de lasagnes. Ceci est très important, même essentiel, dans un monde où toute donnée personnelle est monétisable.

Encore récemment on apprenait que Facebook a laissé Netflix et Spotify accéder à tous nos messages privés, à la suite de nombreux autres scandales liés à des comportements non conformes des applications. 

Des Sorciers et des Hommes

Les logiciels libres sont déjà partout… dans les couches infrastructures. Celles que les utilisateurs finaux ne voient jamais : couches réseaux et sécurité, serveurs d’application, serveur web, virtualisation etc. 

Alors pourquoi sont-ils encore si minoritaires sur les postes clients des utilisateurs / consommateurs ? Deux raisons majeures :

  1. Parce que l’Open Source est d’abord pensé par des techniciens, pour des techniciens. 
  2. Parce que le marché du front-end a été verrouillé très tôt par les grands éditeurs.

Le premier point est simple à comprendre : il y a un monde entre les exigences des utilisateurs et celles des techniciens. Un développeur est satisfait quand une fonctionnalité de l’outil marche comme elle devrait, l’utilisateur lui, est prêt à tout jeter par la fenêtre si une seule fonctionnalité ne correspond pas à ce qu’il attend ou plus simplement qu’il ne parvient pas à l’utiliser.

Le second point quant à lui, est plus subtil : des armées d’UX designers chez les géants du logiciel ont façonné l’expérience de l’utilisateur jusqu’à la verrouiller totalement. En clair, ils nous ont fait développer des habitudes si bien ancrées aujourd’hui que l’on est devenus réticents à tout changement.

Pensez à la difficulté de passer de Windows à Mac et inversement, ou de iOs à Android. Imaginez maintenant abandonner la suite Office de Microsoft pour Libre Office ! Les boutons ne sont pas au même endroit : « mais comment on filtre cette p#%$£& de colonne ?!? » (histoire vraie). Il y a bien sûr aussi le problème de compatibilité des formats ; entre le propriétaire et le libre l’expérience du logiciel est dégradée quand le format utilisé est propriétaire ou opaque.

Et pourtant. Grâce aux éditeurs open source qui ont bien compris que les clients attendent une solution et non un kit de construction, le libre entame la remontée des couches basses vers l’utilisateur final.

« C’est précisément le problème que nous avons attaqué avec BlueMind v4.0, » explique Pierre Baudracco, Président de BlueMind. « La messagerie est l’outil le plus utilisé en entreprise, mais aussi certainement le plus critique. Sitôt qu’elle tombe en panne, c’est la panique totale. La grande majorité des utilisateurs a été biberonné à Outlook, la messagerie de Microsoft. »

«  Les DSI veulent éviter la révolte dans l’organisation et préfèrent la prudence en permettant aux utilisateurs de préserver les habitudes Outlook. Jusqu’ici l’Open Source imposait un changement d’interface. Nous avons choisi d’aborder le problème dans l’autre sens, en mettant le besoin utilisateur au centre. Certains veulent leur Outlook sans aucune différence, OK, permettons-le. Par contre, nous allons changer tout ce qui se cache derrière et ainsi offrir le choix pour l’interface utilisateur, dont celui de garder Outlook. »

Puisqu’une image vaut mille mots, nous avons concocté une petite vidéo : 

Ils vécurent heureux…

Si vous êtes arrivés jusqu’à ce paragraphe, vous savez désormais qu’un logiciel libre n’est pas nécessairement un logiciel gratuit et que vous en bénéficiez probablement déjà sans le savoir. 

Ce qu’il faut retenir, c’est qu’il existe aujourd’hui des alternatives crédibles et éprouvées sur le marché du libre qui permettent de s’émanciper de la mainmise des grands éditeurs (notamment US). Il ne s’agit pas d’une opposition dogmatique ou philosophique, mais bien d’un choix sociétal.

Choisir une solution Open Source Française ou Européenne, revient à favoriser l’innovation et l’emploi, préserver son indépendance et contribuer à la souveraineté numérique de nos états. 

Cet article, comme tous les autres, est ouvert à la discussion. N’hésitez pas à nous faire connaître votre avis sur LinkedinTwitterFacebook ou sur notre site internet.

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Les 6 challenges majeurs qui attendent les DSI en 2019

Le Paris Open Source Summit, premier événement européen consacré à l’Open Source et aux logiciels libres, se tiendra les 5 et 6 décembre prochain aux Docks de Paris. L’édition 2018, dont le président du programme n’est autre que Pierre Baudracco (@pierrebod), président de BlueMind, mettra en lumière l’importance de l’Open Source dans la révolution numérique et son impact croissant dans la transformation massive de nombreux secteurs. Les métiers de l’IT sont en révolution permanente et le DSI a un rôle clé pour maintenir son entreprise dans la course. Nous avons dressé un panorama des 6 grands challenges et priorités qui attendent les DSI dans les mois (années?) à venir.

1. Repenser le client interne

Certains responsables informatiques n’ont pas encore conscience de l’importance d’offrir aux utilisateurs internes la même expérience fluide et intuitive avec les logiciels d’entreprise qu’avec les applications grand public. Pourtant si les collaborateurs estiment qu’un logiciel n’est pas facile à utiliser, ils trouveront des moyens de le contourner. Ce phénomène, que l’on appelle Shadow IT, désigne la mise en œuvre de systèmes informatiques et logiciels non approuvés par la DSI. En somme, un véritable cauchemar qui pose de graves questions de sécurité, de fiabilité et plus simplement d’efficacité.

Pour ce qui est des outils internes on remarque que les DSI ont plutôt tendance à privilégier un panel de fonctionnalités plutôt que l’ergonomie ou la simplicité d’utilisation. Mais ce merveilleux logiciel couteau suisse, avec tous ces boutons partout et sa notice en centaines de pages ne sera finalement jamais utilisé à son potentiel si les collaborateurs ont des difficultés à trouver les fonctionnalités.

Si les termes UX et UI pour respectivement « eXperience utilisateur » et « Interface utilisateur » sont sur toutes les lèvres dans la conception des produits pour les clients finaux, on commence à peine à les considérer pour les clients internes. La raison de cet intérêt soudain: la prolifération des appareils mobiles et des nouvelles applications web qui ont rendu les DSI plus conscients de la valeur des interfaces utilisateur simples et intuitives. Ils voient à quel point il est facile pour les employés d’exécuter une variété de processus en quelques clics sur un smartphone ou une tablette.

Pour autant rendre « user friendly » un logiciel ne signifie pas simplement d’en créer une version accessible sur mobile. Il faut repenser les usages dans leur ensemble. L’un des grands challenges qui attendent les DSI dans les années à venir sera de considérer le client interne comme un consommateur de service à part entière en s’adaptant aux évolutions rapides des technologies.

2. La gestion du changement

En plus d’avoir des organisations informatiques très efficaces, le DSI doit aussi accompagner les collaborateurs vers des comportements différents ; notamment en ce qui concerne la collaboration intra et extra service.

La technologie peut permettre le changement, mais le succès du changement dépend en fin de compte de l’adhésion ou de la résistance des employés. Vous pouvez changer les technologies très rapidement dans les bonnes circonstances, mais changer la façon dont les employés perçoivent leurs rôles, l’entreprise et votre culture ne se fait pas du jour au lendemain. Le temps nécessaire pour changer les esprits doit être intégré à votre plan de gestion du changement.

Comme l’a dit le général prussien Helmuth von Moltke au 19e siècle : « Aucun plan de bataille ne survit jamais au premier contact avec l’ennemi. » Ce poncif est tout aussi valable lorsqu’il s’agit de gestion du changement. Au fur et à mesure que vous dirigez votre organisation à travers le changement, des défis nouveaux et inattendus surgiront.

Autant nous avons soif de changement dans l’absolu, autant nous détestons abandonner nos habitudes de longue date. Cela nécessite une collaboration entre les silos, « mais les managers et les employés ont tendance à résister à ces changements, ce qui freine la transformation numérique », selon un sondage Harvard Business Review cité dans le blog du CIO du Wall Street Journal. Pour InfoWorld, « Maintenant que l’informatique dans le cloud est la nouvelle norme, c’est la culture de l’entreprise et non la technologie qui retient la transition ».

Le succès d’une initiative de gestion du changement repose donc sur un juste équilibre entre les activités de l’entreprise et la technologie. Le désir de changement est le plus souvent motivé par les besoins de l’entreprise, et le département IT participe à la définition des objectifs pour s’assurer que la solution proposée soit réaliste et évolutive. Si les besoins opérationnels et la technologie qui les soutient ne sont pas harmonisés, l’organisation se retrouve avec une information cloisonnée et des objectifs mal adaptés.

« Il faut mettre en œuvre de la pédagogie, des process, de la planification, avec une stratégie d’écoute des utilisateurs, afin qu’ils puissent se projeter dans les nouvelles technologies qu’on leur apporte » Business et marchés.

3. Vers la communication unifiée

Aider les équipes à mieux collaborer en interne sera l’un des autres grands challenges de l’année 2019. Aujourd’hui 70% de notre temps en ligne se déroule sur smartphone. « La mobilité n’est plus une option. Ces chiffres soulignent l’importance d’un réajustement des processus de communications, et illustrent un réel besoin de flexibilité si vous souhaitez rester compétitif. Par conséquent, l’implémentation d’un système de Communications Unifiées (UC) complet au sein de l’entreprise est indispensable, si celle-ci souhaite garantir son avenir et rester forte face à la concurrence. » (Les Echos, avril 2018)

Il est souvent risqué de perturber la façon dont les employés interagissent. Le déploiement d’outils de communications unifiées peut être plus hasardeux que le déploiement d’autres logiciels d’entreprise, car il affecte les habitudes bien ancrées des employés sur l’outil le plus utilisé. La bonne gestion du changement prend ici tout son sens : on ne peut juger de la réussite du projet qu’en fonction de l’appropriation de ces nouveaux outils.

L’e-mail est l’application la plus sensible. C’est la « clé de voûte » de toutes les entreprises : une interruption même temporaire de service peut paralyser l’activité et avoir de lourdes conséquences. Il incombe à toute organisation d’apprendre à gérer efficacement son courrier électronique, d’autant plus qu’une mauvaise utilisation par les utilisateurs peut avoir des impacts sur la productivité.

Les DSI et responsables IT sont particulièrement bien placés pour diriger non seulement l’adoption de la technologie, mais aussi la gestion du changement organisationnel nécessaire pour tirer pleinement parti des avantages des nouvelles technologies.

4. Sécurité et souveraineté : intimement liées

Impossible de parler des défis du DSI en 2019 en ignorant la sécurité. Avec les violations massives de données qui se produisent régulièrement partout dans le monde, c’est presque un pléonasme que de dire qu’il s’agit d’une priorité. Le véritable défi est de sécuriser les données d’une manière qui n’entrave pas les activités de l’entreprise et ne nuit pas à leur accessibilité.

Les lois sur la protection de la vie privée et l’hébergement de données varient selon les pays et les États, et certaines sont plus strictes que d’autres. Naviguer dans ce labyrinthe juridique international prend beaucoup de temps et requiert une certaine expertise.

La sécurité pose nécessairement la question de la souveraineté des données. Qui les maîtrise, qui y a accès ? Mais la notion de souveraineté occupera les DSI sur un périmètre bien plus large dans les années à venir. En effet, il s’agira de s’émanciper de la main-mise des solutions américaines sur la question du numérique.

A l’heure où à l’ouest le Président clame « America First » et à l’est la Chine progresse à vive allure, la France, et à plus grande échelle l’Europe doivent réussir à s’imposer. Le risque c’est de voir des secteurs entiers subir un effet de « lock-in » et devenir complètement dépendants. C’est déjà le cas sur la majorité des applications front end : messagerie, moteur de recherche, bureautique… Il existe parfois des alternatives qui ont déjà fait leurs preuves, les DSI vont devoir sortir du cadre pour les intégrer et regagner leur indépendance.

Enfin il y a aussi la question des solutions Open Source vs. Propriétaire et de l’idée (qui tend à disparaître) que les données sont mieux sécurisées si on ne les voit pas (« la sécurité par l’obscurité« ). Votre service informatique peut se sentir plus à l’aise avec l’utilisation de logiciels propriétaires pour les applications critiques. Pour autant cette idée tend a être dépassée. Le courrier électronique est l’exemple parfait d’une application critique (imaginez ce qui arriverait s’il cessait de fonctionner pendant 48 heures!) qui a pleinement adopté l’open source et dont la sécurité n’est plus à remettre en question.

5. Montée en puissance de l’Open Source

La part croissante des solutions Open Source d’entreprise joue un rôle important dans la façon dont les entreprises et les gouvernements modernisent leurs infrastructures informatiques, en particulier lors de la migration vers le cloud. Les avantages de l’Open Source d’entreprise sont nombreux, car il offre aux entreprises des options et des capacités qu’elles ne pourraient pas obtenir avec un logiciel propriétaire.

De plus, les DSI ne sont jamais enfermés dans la solution d’un seul fournisseur puisque les capacités offertes par l’Open Source sont omniprésentes et en constante évolution. L’Open Source permet l’intégration facile de nouvelles solutions, permettant ainsi aux professionnels IT d’améliorer l’infrastructure existante plus efficacement que de travailler avec des fournisseurs de solutions propriétaires.

Pour beaucoup de responsables IT, basculer vers des briques Open Source n’en reste pas moins périlleux. S’il n’y a pas de fournisseur commercial derrière, vers qui vais-je me tourner en cas de panne majeure ? (source) Rappelons ici le rôle essentiel de l’éditeur ; il doit proposer une véritable solution pérenne intégrant le support, la maintenance évolutive et toute une plateforme de services. L’éditeur open source transforme un code source en une solution directement utilisable et créatrice de valeur pour le client.

L’open source est unanimement reconnu comme un formidable levier de transformation digitale. L’actualité témoigne d’ailleurs de sa montée en puissance dans les challenges qui attendent les DSI avec le rachat de GitHub par Microsoft et tout récemment le rachat de Red Hat par IBM.
Cette opération est d’ailleurs présentée comme « l’acquisition technologique la plus importante de l’année ».

6. Innover toujours

Les DSI et les responsables informatiques doivent être les moteurs d’une innovation constante et cohérente. Il ne suffit plus d’innover une seule fois et de se reposer sur ses lauriers. Dans l’environnement moderne, vous devez constamment vous adapter aux nouveaux changements. On attend des responsables IT qu’ils mettent en œuvre des plates-formes qui facilitent le développement rapide de solutions. Plus que jamais, ce sont les entreprises agiles qui réussiront.

Les DSI doivent établir des feuilles de route ambitieuses et innovantes assez rapidement. La grande difficulté consiste a résister aux buzzwords, à l’attraction du moment, tout en étant à l’écoute de son environnement, a être agile et toujours en mesure de pivoter.

Innover c’est aussi prévoir la compatibilité future de l’ensemble des plateformes que l’on met en place. Et l’Open Source est justement un vecteur d’innovation majeur dans ce sens.

« Côté développement applicatif, pour l’ensemble des DSI, « l’open source first » est devenu la règle. Tout nouveau projet doit reposer par défaut sur cette option. »
Alain Voiment, CTO adjoint et sponsor de la stratégie Open Source du groupe Société Générale et VP Grand utilisateur à l’occasion du Paris Open Source Summit 2017. Vous pouvez retrouver son intervention ici.

Un petit mot avant de partir

Nous vous donnons rendez-vous au Paris Open Source Summit, le premier événement en Europe sur l’open source, les logiciels libres et le numérique ouvert les 5 et 6 décembre prochains pour échanger sur ces sujets. 5000 personnes sont attendues pour cette l’édition 2018 qui fera intervenir 240 conférenciers au travers des grandes thématiques du programme : Tech / Solution / Ecosystème. Cette année encore, Pierre Baudracco, Président de BlueMind est également le président du programme du POSS.

Conférence BlueMind

Nous aurons le plaisir de dévoiler la nouvelle version de notre messagerie. Une version qui a demandé 5 ans de travail pour permettre une compatibilité à 100% avec Outlook, sans connecteur. En permettant aux organisations de conserver sans dégradation le client Outlook, mais aussi d’utiliser de façon riche et collaborative les autres clients comme Thunderbird, le web ou les mobiles, la solution BlueMind offre une alternative européenne ouverte et moins chère pour la messagerie et un horizon pour le poste client Open Source.

A découvrir à l’occasion de la conférence « Enfin une messagerie Open Source 100% compatible Outlook », mercredi 5/12 à partir de 9h15. Par Sylvain Garcia. Toutes les infos et inscriptions ici.

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L’Open Source dans l’industrie

A l’occasion des Rencontres Régionales du Logiciels Libres de Toulouse sur le thème de « l’Open Source au service de la transformation digitale de l’Industrie », nous vous proposons un tour d’horizon de l’Open Source dans l’industrie en France et dans le monde.

Le sujet des prochaines Rencontres Régionales du Logiciel Libre à Toulouse sera « l’Open Source au service de la transformation digitale de l’industrie« . Des experts de grands groupes industriels viendront apporter leur témoignage (programme complet et inscription). Forcément, sur le blog, nous nous sommes dit que c’était une bonne occasion de nous pencher en avant première sur la question. Vous savez, histoire de pouvoir vous la raconter un peu lors du cocktail de clôture

Quand l’industrie se réinvente : de la compétition à la collaboration

La clé du succès dans l’industrie peut se résumer de façon assez simple : rendre le processus de fabrication plus efficace pour améliorer la qualité, augmenter la quantité et réduire les coûts. Fastoche. Évidemment le nœud gordien réside dans le besoin de moderniser des machines, équipements et systèmes informatiques sans impacter ni le rythme de production, ni les coûts. Aïe.

Mais se réduire à cette vision serait oublier la concurrence qui fait rage à l’extérieur de l’entreprise, puisque tous ses concurrents jouent des coudes pour déployer la meilleure technologie, la plus fiable et le plus rapidement possible.

Pourtant, on remarque depuis peu un phénomène étonnant dans le « petit » monde de l’industrie. Plutôt que de chercher à posséder des ressources et des capacités, les sociétés utilisent de plus en plus des plateformes pour accéder à des écosystèmes de technologies, de talents et d’informations. Il semble que le chemin du succès ne consiste plus à batailler tout seul jusqu’au sommet, mais plutôt à se frayer un chemin vers le centre du réseau. (source)

Rappelez-vous que Steve Jobs était totalement contre la création de l’AppStore. Selon son biographe Walter Isaacson, le boss d’Apple ne voulait pas permettre à des tiers de fonctionner nativement sur iPhone. Il s’inquiétait notamment de l’énergie nécessaire pour surveiller une véritable armée de développeurs tiers.

Pas très visionnaire sur ce coup… En 2017 l’AppStore générait 38,5 milliards de dollars, 34% de plus que l’année précédente (source) et les nombres de téléchargements crèvent le plafond. C’est bien la mutualisation des compétences et la construction d’un écosystème qui a permis d’atteindre ce succès.

N’en déplaise à Michaël Porter, la capacité à collaborer et co-créer est devenue le nouvel avantage compétitif clé dans le monde de l’industrie (comme ailleurs aussi, mais restons focus). Il existe plusieurs façons de collaborer comme le modèle américain des « manufacturing hubs« . Il s’agit de 14 instituts d’innovation industrielle basés sur des partenariats public-privé qui ont chacun une orientation technologique distincte, mais qui visent tous un but commun : assurer l’avenir de la fabrication aux États-Unis par l’innovation, l’éducation et la collaboration.

Une autre voie est celle suivie par Elon Musk (entre autres) qui a renoncé à faire respecter l’exclusivité des brevets de Tesla en 2016. De leur côté Google, Facebook, Microsoft et IBM se dirigent tous vers l’open-source avec des sujets aussi variés que la robotique, l’IA ou les télécoms.

Qu’est ce qui fait de l’Open Source une solution idéale pour l’industrie ?

A question simple, réponse simple : le coût, le support, la flexibilité, la communauté, la plate-forme et surtout, la mutualisation.

Disons aussi que l’Open Source inspire beaucoup plus confiance qu’autrefois et les innovations qui en sont issues sont innombrables. Le Libre est au cœur de la plupart des grandes innovations numériques : Cloud, Blockchain, briques d’infrastructures et autres logiciels dans tous les domaines.

« L’Open Source est une filière deux fois plus dynamique que l’ensemble du marché numérique français : avec un taux de croissance annuel moyen de 8,1 % entre 2017 et 2020, le marché français du logiciel libre et Open Source passera de 4,46 Mds d’euros cette année – 4,18 Mds d’euros en services et 278 M€ en logiciels – à 5,650 Mds d’euros dans trois ans, selon le cabinet d’études PAC. » (source)

Le mouvement DevOps est également un moteur fort du logiciel libre. Basée sur une philosophie de développement agile, cette démarche repose sur la collaboration et l’ouverture des équipes de développement et d’administration, qui limite les risques, accélère les développements et optimise la qualité des livraisons.

Ce qui fait aujourd’hui le succès d’un logiciel, c’est sa capacité à s’interfacer avec les autres, sa modularité et son interopérabilité. L’ère des software ultra-personnalisés qui nécessitent du développement sitôt qu’il s’agit de fonctionner avec une autre plateforme ou de réaliser une tâche qui n’était pas prévue au départ est bien révolue. Dans ce domaine l’Open Source part avec un temps d’avance sur ses concurrents propriétaires : la philosophie de développement est d’emblée ouverte, portée par le partage, le respect des standards, l’ouverture et l’esprit d’innovation.

L’entreprise peut développer la plate-forme autour de sa propre vision, en bénéficiant de socles et solutions éprouvés et en gardant en ligne de mire la compatibilité et l’interopérabilité de ses logiciels. En bref, l’Open Source permet d’accéder à l’innovation beaucoup plus rapidement ! (source)

Et la sécurité dans tout ça ?

L’Open Source a encore aujourd’hui cette image qui lui colle à la peau d’un magasin aux portes grandes ouvertes où l’on vous dirait : « venez vous servir ». Entre les « est ce que ça marche pareil » et les « combien ça coûte« , la question du « quelles garanties de sécurité » intervient très tôt dans les discussions entre éditeurs et industriels.

Ce que l’on observe pourtant au contact des industriels, c’est que la vieille maxime de « la sécurité par l’obscurité«  devient de plus en plus obsolète. « Cacher son code n’empêche pas les hackeurs de trouver des failles », estime Stéfane Fermigier du CNLL dans un article pour Hello Open World.

Les logiciels propriétaires ne sont pas plus à l’abri des attaques de cybersécurité que les logiciels libres. Ils en sont même plus vulnérables du fait que seul l’éditeur pourra être en mesure de repérer et réparer les failles. Du côté des logiciels libres, la veille quasi-permanente des contributeurs et l’oeil avisé d’utilisateurs experts sur un code accessible à tous devrait permettre de répondre plus rapidement à l’attaque.

En matière de sécurité surtout, l’Open Source offre des garanties de transparence et d’auditabilité que ne permettent pas les solutions propriétaires. Le code source est visible de tous, le logiciel n’a pas de « back door » secrète, pas de comportement non désiré ou en tout cas caché. On peut dire que lOpen Source est vecteur de confiance. D’ailleurs quand la CNIL a cherché a s’équiper d’un logiciel pour réaliser les analyses d’impact sur la protection des données suite au RGPD, elle a logiquement choisit un logiciel libre.

Nous pouvons prendre l’exemple le plus utilisé de votre SI par lequel circule des milliers d’informations sensibles et que les industriels (comme beaucoup d’autres d’ailleurs) confient allègrement à des solutions propriétaires américaines : la messagerie.

On ne le répétera jamais assez, peu importe que vos données soient stockées au milieu du Texas ou dans un pâturage Suisse, si l’entreprise qui les gère est américaine, alors elles sont accessibles par des tiers, c’est la loi américaine…

Personnaliser oui… mais jusqu’à quel point ?

Petit aparté qui relie justement innovation et sécurité. Si la douce brise de l’Open Source vous souffle déjà dans le cou et que vous imaginez toutes les choses merveilleuses que vous allez pouvoir bâtir spécialement pour votre entreprise. N’oubliez pas que comme tout ce qui est nouveau, l’implémentation de technologies Open Source doit être accompagnée pour qu’elles puissent être adoptées par vos utilisateurs. Faire du « sur mesure » ne vous sauvera pas de l’étape « gestion du changement« . Exemple criant de vérité : la messagerie. Dans ce domaine on ne cherche pas à customiser à l’extrême pour répondre à toutes les conditions possibles mais plutôt à simplifier au maximum l’usage de l’utilisateur en respectant ses habitudes.

La messagerie a une place très particulière dans l’entreprise, qu’il s’agisse ou non d’une industrie : il ‘agit de l’outil que l’on consulte et utilise le plus, bien que l’on ait tendance à l’oublier complètement. Pourtant, quand on change d’entreprise, on est rassuré de retrouver un système de messagerie familier. C’est facile, on le maîtrise, on n’aura que peu de phase d’apprentissage.

C’est le défi que s’est lancé BlueMind en travaillant depuis cinq ans pour parvenir à supporter Outlook à 100%. Qu’est ce que ça apporte concrètement ? En permettant aux organisations de conserver sans dégradation le client Outlook, mais aussi d’utiliser de façon riche et collaborative les autres clients comme Thunderbird, le web ou les mobiles, BlueMind assure que son logiciel s’intégrera en toute transparence dans les différents contextes d’utilisation en respectant les habitudes des utilisateurs.

Il est important de souligner ici le rôle prépondérant de l’éditeur dans les logiciels libres. On a surtout tendance à penser l’Open Source en termes d’infrastructure et de méthodes de travail et l’on imagine que le reste se fera naturellement. Aujourd’hui l’Open Source gravit les échelons et arrive sur le poste utilisateur et les solutions métiers. Ceci rend toute sa place à l’éditeur. C’est lui qui transforme un code source en une solution répondant au besoin et porte la vision produit auprès du client : ergonomie, intégration, support, documentation, fiabilité, pérennité dans le temps, etc.

Faire émerger le changement de l’intérieur

Certaines industries ont pris le parti de cultiver l’Open Source à l’intérieur même de leur structure au travers de groupes de travail dédiés ou carrément de start-ups internes.

En bons Toulousains, nous prendrons l’exemple d’Airbus qui a justement créé des start-up IT, basées sur le mode du volontariat et dont le fonctionnement est totalement indépendant du fonctionnement hiérarchique traditionnel. Pour Peter Schoonjans, directeur de l’infrastructure IT d’Airbus: « Il s’agissait d’accélérer l’implémentation d’un outil ITSM, mais l’objectif principal de ce projet était de pouvoir nous appuyer sur un exemple concret qui allait nous permettre de promouvoir les usages de l’Open Source en interne, montrer à tous que c’est une démarche sérieuse, et montrer les avantages qu’il y a à s’appuyer sur l’Open Source. C’est un moyen d’être innovant, d’aller plus vite et aussi de réduire le ‘vendor locking’. » (source)

Toujours en France on peut citer Renault et son Laboratoire Collaboratif d’Innovation.

Côté Américain General Motors est l’un des nombreux exemples en ayant intégré la mini usine FirstBuild qui se décrit comme « un sas entre open innovation, mouvement maker et production traditionnelle.« 

Enfin, peut-être avez vous déjà entendu parler de « l’innersource« , un terme qui se répand surtout dans les industries anglo-saxonnes pour l’instant. Il représente le fait d’intégrer les pratiques de développement de logiciels libres et d’établir d’une culture de type Open Source au sein de son organisation. Louverture du projet s’étend à de nombreuses équipes mais toujours au sein de la même entreprise. Cela permet de traiter de sujets sensibles sans craindre qu’ils ne soient révélés à des tiers, tout en profitant de la créativité et de la diversité des perspectives apportées par les personnes des différents services.

En conclusion

L‘adoption de l’Open Source dans les industries est devenu un avantage concurrentiel indispensable pour bénéficier de la flexibilité et de l’efficacité dans l’exécution des tâches avec des avantages, tels que la réduction des coûts, l’accélération des délais de mise sur le marché, la simplification de l’interopérabilité et aussi la mutualisation des coûts.

L’Open Source s’est introduit d’abord comme un disrupteur regardé avec méfiance, une idée loufoque du labo interne, un POC rigolo d’une start-up quelconque…. mais finalement représente maintenant l’avenir numérique de l’innovation industrielle.

Rejoignez nous à l’occasion des RRLL 2018 de Toulouse pour aborder le sujet de l’Open Source dans l’industrie avec les grands acteurs du secteur. Et comme on est sympa (et parce que vous avez lu jusqu’au bout) vous avez le droit au code super secret qui permet de bénéficier d’entrées gratuites : RRLL2018.

 

 

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